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Pourquoi Glucksmann vient de gagner un allié de poids

Le chef des députés socialistes sort de sa réserve et fait son choix. Son ralliement à Raphaël Glucksmann rebat les cartes de la primaire de la gauche.

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Pourquoi Glucksmann vient de gagner un allié de poids

Le chef des députés socialistes sort de sa réserve et fait son choix. Son ralliement à Raphaël Glucksmann rebat les cartes de la primaire de la gauche.

Boris Vallaud a tranché. Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale apporte officiellement son soutien à Raphaël Glucksmann pour la primaire. Dans une lettre rendue publique, il explique que l’eurodéputé lui semble le mieux placé et le mieux préparé pour conduire la bataille présidentielle. Un choix assumé, alors qu’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, n’a toujours pas annoncé sa candidature.

Glucksmann engrange un soutien de taille dans une course qui s’annonce disputée. Il peut déjà compter sur des figures comme Carole Delga, présidente de la région Occitanie, ou les maires de Rouen et Montpellier. Mais d’autres candidats sont aussi sur la ligne de départ. Les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj, ainsi que Ségolène Royal, participent à cette primaire prévue en octobre. En dehors de ce cadre, les noms de Karim Bouamrane et de François Hollande circulent, même si l’ancien président ne s’est pas déclaré officiellement.

Ce ralliement en dit long sur les tensions internes au Parti socialiste. Boris Vallaud est devenu l’un des opposants les plus résolus d’Olivier Faure depuis le dernier congrès. Il lui reproche une gestion trop solitaire du parti, au point de l’avoir mis en minorité au moment du choix d’organiser cette primaire. Lui-même a un temps songé à être candidat. Il reconnaît que cette réflexion fut difficile. Mais il a finalement renoncé, estimant qu’il n’était pas le mieux placé pour l’emporter et qu’il ne ferait qu’ajouter de la division.

Entre les deux hommes, les convergences sont réelles. Raphaël Glucksmann a notamment fait sien le thème de la démarchandisation, un combat que Boris Vallaud mène depuis des mois. Le député socialiste assure venir à la campagne avec sa gauche populaire, républicaine, rurale et ouvrière. Il vante aussi les qualités humaines de l’eurodéputé, sa sincérité, son intelligence, sa lucidité sur lui-même. Et les deux hommes ne partent pas de zéro. Ils ont déjà lancé en avril un appel avec l’écologiste Yannick Jadot, qui s’est également rangé derrière Glucksmann.

Boris Vallaud ne veut pas s’arrêter à la désignation du candidat. Il appelle la gauche à préparer sérieusement les élections législatives, sans les réduire à un simple troisième tour de la présidentielle. Il plaide pour la construction d’un espace politique rénové, ouvert à la société civile, capable de faire émerger un programme et un accord de gouvernement. Une position qu’il résume par une critique acerbe des logiques d’appareil, qu’il juge mortifères. D’autres voix, comme celle de Cécile Duflot ou d’Emmanuel Maurel, participent aussi à ce même mouvement de refondation.

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