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Algues vertes en Bretagne l’État promet de cibler les fermes qui fuient

Un mois après une injonction du tribunal, la préfecture dévoile une stratégie recentrée sur les élevages les plus polluants. Mais les défenseurs de…

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Algues vertes en Bretagne l’État promet de cibler les fermes qui fuient

Un mois après une injonction du tribunal, la préfecture dévoile une stratégie recentrée sur les élevages les plus polluants. Mais les défenseurs de l’environnement jugent la réponse encore trop timide.

La préfecture de Bretagne a fini par se mettre au travail. En mars dernier, le tribunal administratif de Rennes lui avait donné dix mois pour renforcer la lutte contre les nitrates. Ce vendredi, elle a présenté sa nouvelle feuille de route, tout en reconnaissant un constat amer. La qualité des eaux bretonnes, malgré des progrès passés, stagne désormais dans plusieurs secteurs sensibles.

Concrètement, l’État change de logique. Au lieu d’appliquer les mêmes règles partout, les contrôles vont cibler les exploitations les plus susceptibles de laisser échapper des nitrates. Pour les autres, certaines contraintes administratives seront allégées. Et sur un cinquième de la surface agricole, celle qui touche les milieux les plus fragiles, les exigences seront renforcées. Ce nouveau cadre entre en vigueur en septembre.

L’association Eau et Rivières de Bretagne, à l’origine de la condamnation de l’État, salue une avancée mais reste sur sa faim. Son porte-parole rappelle que la justice avait demandé de mettre fin à la pollution et de réparer le préjudice écologique. Selon lui, il manque des leviers économiques et un vrai conditionnement des aides agricoles à des mesures environnementales. Il ajoute que l’État n’a bougé que parce que la pression judiciaire est devenue insoutenable.

De son côté, la chambre d’agriculture de Bretagne voit les choses autrement. La personne en charge du dossier y trouve une façon innovante de procéder, même si tout ne la satisfait pas. Elle estime que les textes étaient devenus trop compliqués et que leur simplification permettra une meilleure application au quotidien. Selon elle, cibler les exploitations à risque rendra chaque agriculteur responsable de ses pratiques, et c’est un pas dans la bonne direction.

Le problème ne date pas d’hier. Depuis 1971, des tonnes d’algues vertes s’échouent chaque année sur les plages bretonnes. En pourrissant, elles dégagent un gaz mortel à forte concentration. Les ostréiculteurs se retrouvent envahis, les plages ferment, et la justice a même reconnu en juin 2025 le lien entre cette pollution et la mort d’un joggeur dans les Côtes-d’Armor. La Cour des comptes attribue plus de 90% de cette prolifération à l’agriculture intensive, et demande depuis juillet des actions bien plus musclées. Sept plans régionaux et des millions d’euros plus tard, le poison continue de s’accumuler sur le sable.

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