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Téhéran laisse la porte ouverte aux négociations, mais le détroit d’Ormuz reste verrouillé
Six mois après le début de la guerre, l’Iran ne cède pas à la pression américaine. Téhéran se dit prêt à discuter, mais pose ses conditions sur le détroit…


Six mois après le début de la guerre, l’Iran ne cède pas à la pression américaine. Téhéran se dit prêt à discuter, mais pose ses conditions sur le détroit d’Ormuz.
Six mois de conflit, des milliers de morts et toujours pas d’issue. La guerre a commencé fin février avec des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Téhéran a répliqué en visant les pays du Golfe alliés de Washington. Un cessez-le-feu a été négocié en avril après quarante jours de bombardements intenses, puis un protocole d’accord en juin. Il a volé en éclats dès juillet. Depuis, les discussions piétinent.
Pourtant, l’Iran se dit toujours ouvert au dialogue. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a écrit sur X que remettre la diplomatie sur les rails n’était pas impossible. Tout dépend, selon lui, d’une prise de conscience américaine. La pression ne mène à rien, assure-t-il. Washington a pourtant choisi la voie inverse. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a dévoilé lundi un nouveau paquet de sanctions dites secondaires. Plutôt que de viser Téhéran directement, elles touchent ses partenaires commerciaux dans l’or, la technologie, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime. Soixante personnes, sociétés et navires sont également dans le viseur, accusés d’aider l’Iran à générer des revenus pétroliers, à se procurer des armes et à mener des cyberattaques.
La Chine, principal partenaire économique de l’Iran, a prévenu qu’elle défendrait fermement sa coopération avec Téhéran. De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a appelé tous les pays à s’abstenir d’appliquer des sanctions présentées comme totalement illégales et injustifiées. Le président Massoud Pezeshkian reconnaît que son pays traverse de nombreuses difficultés économiques. Mais Téhéran martèle que les pressions américaines n’apporteront rien. Le bras de fer se concentre désormais sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique par où transitaient avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux. L’Iran l’a verrouillé et cible sporadiquement les navires qui tentent de le franchir. Les frappes se sont espacées, mais la liberté de navigation reste au cœur des tensions. Washington et plusieurs pays de la région exigent une réouverture du passage. L’Iran refuse tant que les Etats-Unis ne lèvent pas leur blocus des ports iraniens et les sanctions économiques.
Les médiations s’activent pour sortir de l’impasse. Le chef de la diplomatie qatari a été reçu à Téhéran jeudi, et l’Iran parle de discussions constructives. Oman, autre pays riverain du détroit, est aussi sollicité pour organiser une reprise du trafic maritime. Mais les menaces restent vives. Un député iranien a prévenu que si Washington ne respectait pas l’accord signé en juin, le détroit d’Ormuz resterait fermé et les Etats-Unis s’exposeraient à des actions offensives menées jusqu’aux endroits les plus éloignés. En attendant, les prix du pétrole flambent. Le baril de Brent, qui valait environ 70 dollars avant la guerre, s’échangeait à près de 90 dollars vendredi. La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, où le Hezbollah a ouvert un front contre Israël. Un cessez-le-feu très fragile est en vigueur au Liban depuis juin.
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