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La colère des Comores après le coup de pression français sur l’aide au développement

Le gouvernement comorien dénonce des propos « condescendants » du Premier ministre français. Sébastien Lecornu veut conditionner l’aide à la coopération…

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La colère des Comores après le coup de pression français sur l’aide au développement

Le gouvernement comorien dénonce des propos « condescendants » du Premier ministre français. Sébastien Lecornu veut conditionner l’aide à la coopération contre l’immigration clandestine vers Mayotte.

La tension monte entre Paris et Moroni. Le ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Mbae, a vivement réagi aux déclarations de Sébastien Lecornu, faites lors d’une visite à Mayotte. Selon lui, les mots du Premier ministre français sur l’aide au développement sont d’une « condescendance insupportable ». Il les juge aussi « totalement déconnectés des attentes de la population » de l’île, surtout après le passage dévastateur du cyclone Chido en 2024.

Concrètement, Lecornu a annoncé mercredi que l’aide publique au développement serait désormais liée à la coopération des pays concernés dans la lutte contre l’immigration irrégulière. Sept pays sont visés, dont les Comores, le Burundi, la Tanzanie, la République démocratique du Congo, le Rwanda, la Somalie et le Kenya. Le Premier ministre a parlé de « critères de bonus-malus » pour évaluer leur travail contre les passeurs, leur délivrance de laissez-passer consulaires et leur capacité à reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière. Il s’exprimait depuis la base navale de Dzaoudzi, où il ouvrait une réunion du commandement militaire chargé de cette lutte.

Cette annonce s’inscrit dans un dossier sensible. Mayotte est le plus pauvre des 101 départements français, mais elle est restée française quand le reste de l’archipel a obtenu son indépendance en 1975. L’Union des Comores n’a jamais cessé de la revendiquer. La démographie complique encore le tableau. Sur les 323 000 habitants recensés dans l’archipel au 1er janvier 2026, une part importante est de nationalité étrangère. En 2017, près de la moitié de la population était déjà dans ce cas.

Du côté comorien, la classe politique ne cache pas sa colère. Le parti d’opposition Ushe parle d’un « chantage scandaleux ». L’ONG Comité Maore dénonce un « chantage inacceptable » et accuse Paris de mener une politique néocoloniale. « Prétendre être +notre ami+ tout en maintenant l’occupation coloniale de l’île comorienne de Mayotte est une hypocrisie intolérable », a lancé Ushe dans un communiqué. Des mots durs, qui montrent à quel point ce dossier reste un point de friction majeur entre les deux pays.

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