Société
Uniformes à l’école, des villes disent oui malgré un financement qui s’évapore
Ce mardi, des élèves de plusieurs communes feront leur rentrée vêtus d’une tenue commune, bien décidés à poursuivre l’expérience. Mais sans l’argent de…

Ce mardi, des élèves de plusieurs communes feront leur rentrée vêtus d’une tenue commune, bien décidés à poursuivre l’expérience. Mais sans l’argent de l’État, la facture pèse de plus en plus sur les mairies.
Rentrée en uniforme pour certains. Au Touquet, à Béziers ou à Bonifacio, la tenue unique n’a pas dit son dernier mot. Le maire du Touquet, Daniel Fasquelle, assure que l’uniforme sera bien porté dans l’école qui l’avait adopté l’an dernier. Les 226 trousseaux, composés de deux T-shirts, deux blouses et une casquette, coûtent environ 22 000 euros. L’État en finançait près de la moitié, et la commune compte sur le même soutien pour cette rentrée. À Saint-Quentin, la maire Frédérique Macarez maintient aussi l’uniforme dans deux écoles primaires volontaires sur les 22 que compte la ville. La facture devrait atteindre 15 000 euros, avec un espoir de partage à parts égales avec l’État.
Du côté de Béziers, la donne change. Robert Ménard a étendu la tenue commune à toutes les écoles, mais elle ne sera plus obligatoire. La municipalité veut en faire une aide concrète aux familles, entièrement financée sur ses fonds propres. À La Grande-Motte, l’addition grimpe à 80 000 euros cette année, soit 40 000 de plus que l’an dernier, quand l’État mettait la main à la poche pour l’unique école primaire publique de la commune. Même constat à Bonifacio, où la mairie a consulté enfants, parents et communauté éducative avant de poursuivre l’expérience, en assumant seule la dépense face au désengagement de l’État.
Cette expérimentation avait été lancée en 2023 comme une promesse d’égalité sociale et de meilleur climat scolaire. Les partisans y voient un sentiment d’appartenance, des économies pour les familles, et la fin des différences visibles entre élèves. Mais l’élan retombe. Ils étaient plus d’une centaine d’établissements au départ. À la rentrée 2025, des villes comme Limoges, Metz ou Denain ont jeté l’éponge. À Denain, l’adjoint au maire explique que l’État a décidé de ne plus financer après 2026-2027, et qu’avec 1 000 enfants scolarisés, la commune ne pouvait pas suivre.
Les résultats, eux, restent modestes. Une évaluation menée en juin 2025 avec un organisme indépendant montre des effets inégaux et limités. Le ministère reconnaît que l’uniforme n’a pas transformé les résultats scolaires ni apaisé durablement le climat des écoles. Mais il ne ferme pas la porte. Les communes qui veulent continuer peuvent le faire, à condition d’en payer le prix. Une liberté qui, pour l’heure, ne semble pas s’accompagner d’un chèque de l’État.
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