Économie
Fitch s’apprête à trancher sur la dette française
L’agence de notation doit rendre son verdict ce vendredi soir. La France retient son souffle alors que la croissance faiblit et que les débats sur la…


L’agence de notation doit rendre son verdict ce vendredi soir. La France retient son souffle alors que la croissance faiblit et que les débats sur la dette s’intensifient.
L’échéance est redoutée. Fitch doit annoncer ce vendredi soir si elle maintient sa note A+ sur la dette française. Cette décision intervient dans un contexte délicat, à quelques semaines de la présentation du dernier budget du gouvernement avant l’élection présidentielle de 2027.
Lors de son dernier examen, au début du mois de mars, l’agence avait souligné la solidité de l’économie française et de ses institutions. Elle avait toutefois pointé du doigt une dette publique très élevée et un contexte politique qui freine les efforts d’assainissement des finances publiques. La note A+ correspond à une dette de qualité moyenne supérieure, avec une perspective stable. Autrement dit, une modification à moyen terme est peu probable, mais pas impossible.
Depuis, la situation s’est plutôt dégradée. Le gouvernement a revu ses prévisions de croissance à la baisse, à 0,9% puis 0,7%, alors qu’il tablait sur 1% auparavant. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a lui-même reconnu que l’objectif de déficit de 5% pour 2026 serait difficile à tenir. Fitch prévoyait pourtant un déficit de 4,9% pour cette année-là, soit un chiffre proche de cette cible. Pour l’économiste Sylvain Bersinger, les dernières nouvelles sont mauvaises, avec la guerre en Iran et la hausse du pétrole qui pèsent sur la croissance. Eric Dor, directeur des études économiques à l’Ieseg, estime que Fitch dispose d’arguments solides pour dégrader la note. À tout le moins, l’agence pourrait abaisser la perspective, offrant ainsi un délai au gouvernement.
Autre source d’inquiétude, les taux d’emprunt de l’État français se trouvent à leur niveau le plus élevé depuis près de vingt ans. Cette hausse alourdit mécaniquement le coût de la dette. Selon Sylvain Bersinger, ce sujet est probablement plus problématique que la guerre en Iran, qui reste un élément conjoncturel. À plus d’un mois de la présentation du dernier projet de budget du quinquennat, le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a toujours pas fixé d’objectif de déficit pour 2027. Il devra faire adopter ce budget sans majorité au Parlement.
La question de la dette publique est devenue un enjeu politique central. Elle représentait 117,5% du produit intérieur brut à la fin du mois de mars. Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon, qui a évoqué une annulation partielle de la dette, ont provoqué la colère des candidats de droite et du centre. Pour Sylvain Bersinger, le véritable enjeu se situe dans la présidentielle de 2027, car la note de la France dépend avant tout des projections de long terme. D’ici là, les deux autres grandes agences de notation doivent également se prononcer. Moody’s rendra son avis le 23 octobre et S&P Global Ratings le 27 novembre. Cette dernière avait déjà abaissé la note de la France à A+ l’automne dernier, avec une perspective stable, tandis que Moody’s maintient sa note Aa3.
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