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Des salariés barricadent leur usine pour empêcher un accident industriel

À Tarascon, les salariés de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence refusent de laisser une société extérieure sécuriser le site à leur place. Ils…

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À Tarascon, des salariés bloquent leur usine et défient le liquidateur judiciaire

Mis à jour le 28 août à 20h23

À Tarascon, les salariés de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence refusent de laisser une société extérieure sécuriser le site à leur place. Ils maintiennent le blocus pour protéger 11 000 m³ de produits dangereux et attendent la réponse de la préfecture.

Depuis jeudi, l’usine de Tarascon est sous blocus. Des dizaines de salariés de Fibre Excellence, placée en liquidation judiciaire, ont entravé l’entrée avec des planches de bois et des fûts en plastique. Des fourgons de CRS stationnent à l’extérieur du parking. L’entreprise désignée par la justice pour assurer la maintenance et la sécurité des installations ne peut pas approcher.

Le conflit porte sur la sécurité du site. Classé Seveso seuil bas, il abrite plus de 11 000 m³ de produits dangereux. Pour le mandataire judiciaire Alix Brenac, il faut rapidement mettre à l’arrêt des unités encore en fonctionnement afin de limiter les risques. Mais les salariés ne veulent pas confier cette mission à une société extérieure qu’ils jugent incompétente. Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT et technicien de maintenance depuis près de dix ans, martèle que personne ne connaît l’outil industriel mieux que les employés du site. Il exige que les salariés soient prolongés dans leurs fonctions pour garantir l’absence de tout risque environnemental ou d’incendie.

Les salariés ont déjà pris les choses en main. Depuis le 29 juillet, jour de la liquidation, une quarantaine d’entre eux se relaient 24 heures sur 24 pour surveiller les installations. Ils ont été notifiés de leur licenciement et se retrouveront sans contrat de travail vendredi soir. Malgré tout, ils continuent à assumer leur mission. Une liste d’environ 40 personnes est en cours d’élaboration pour pérenniser ce dispositif. Ils attendent maintenant une réponse de la préfecture pour savoir si leur demande est acceptée. Les modalités de cette prolongation, si elle aboutit, restent à définir. Le mandataire judiciaire rappelle aussi que le maintien des activités électriques coûte entre 50 000 et 60 000 euros par semaine, une dépense qu’il juge inutile.

Le bras de fer s’inscrit dans un contexte économique tendu. Fibre Excellence exploitait les deux dernières grandes fabriques de pâte à papier du pays, à Tarascon et à Saint-Gaudens, avec près de 700 salariés au total. Le groupe a été placé en redressement judiciaire fin avril. Le 27 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse a rejeté l’offre de reprise présentée par Matthieu Pigasse, soutenue par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur, et a prononcé la liquidation du site de Tarascon. Seule l’usine de Saint-Gaudens suscite encore un intérêt. Son offre de reprise doit être finalisée d’ici le 3 septembre, mais la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, prévient qu’elle doit encore être améliorée.

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