Société
À Tarascon, des salariés bloquent leur usine et défient le liquidateur judiciaire
Alors que l’usine de pâte à papier est en liquidation, une quarantaine de salariés empêchent les techniciens d’intervenir. Ils estiment que la sécurité du…


Alors que l’usine de pâte à papier est en liquidation, une quarantaine de salariés empêchent les techniciens d’intervenir. Ils estiment que la sécurité du site leur revient et alertent sur les produits dangereux.
Depuis deux jours, les accès au site Fibre Excellence de Tarascon sont verrouillés par les salariés. Les techniciens mandatés pour la maintenance et la sécurité ne peuvent pas entrer. Le mandataire judiciaire, Alix Brenac, s’inquiète et lance un appel à la responsabilité collective. Selon lui, il faut procéder à un arrêt partiel des unités encore en fonctionnement pour limiter les risques. Chaque jour de blocage retarde cette opération et accroît le danger potentiel.
Les salariés, eux, ne voient pas les choses de la même manière. Ils affirment assurer eux-mêmes la surveillance et la mise en sécurité de ce site classé Seveso seuil bas, qui abrite plus de 11.000 mètres cubes de produits dangereux. Le délégué syndical CGT, Jean-Michel Bulinge, présent sur place, refuse qu’une société non formée vienne s’occuper de la sécurité dans les conditions fixées par le liquidateur. De son côté, le mandataire assure que l’entreprise mandatée est un acteur classique, habitué à ce type d’interventions.
Derrière ce face-à-face se joue aussi une question économique. Le maintien partiel des activités de l’usine coûte cher en électricité, environ 50.000 à 60.000 euros par semaine selon le mandataire. Une dépense jugée inutile alors que l’entreprise est en liquidation. Depuis le 29 juillet, une quarantaine de salariés, sur les 270 que comptait le site, se relaient jour et nuit pour veiller sur les installations.
Le contexte explique cette tension. Fibre Excellence possédait les deux dernières grandes fabriques de pâte à papier de France, à Saint-Gaudens et Tarascon, avec environ 700 salariés au total. Le groupe a été placé en redressement judiciaire fin avril. Le tribunal de commerce de Toulouse a rejeté le 27 juillet l’offre de reprise présentée par Matthieu Pigasse, soutenue par les régions Occitanie et Paca, et a prononcé la liquidation du site de Tarascon. Seule l’usine de Saint-Gaudens conserve une chance de reprise, avec une offre à finaliser d’ici le 3 septembre, encore à améliorer selon la présidente de la région Occitanie, Carole Delga.
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