Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

Incendies de l’été 2026, une facture record pour les assureurs

Près de 25 000 sinistres ont été déclarés après les mégafeux qui ont frappé plusieurs régions françaises. Le coût est estimé à un demi-milliard d’euros…

Article

le

Incendies de l'été 2026, une facture record pour les assureurs

Près de 25 000 sinistres ont été déclarés après les mégafeux qui ont frappé plusieurs régions françaises. Le coût est estimé à un demi-milliard d’euros, un niveau inédit depuis vingt ans.

Les feux de forêt de cet été laissent un goût amer. Entre la Gironde, les Landes et le Var, les flammes ont tout dévoré sur leur passage, et les conséquences financières sont à la hauteur du désastre. Les assureurs ont déjà recensé environ 25 000 dossiers, pour un coût total proche de 500 millions d’euros. C’est six fois plus que lors des incendies de l’été 2022, qui avaient donné lieu à seulement 2 000 déclarations pour 80 millions d’euros. Florence Lustman, qui préside la fédération regroupant la quasi-totalité des assureurs français, parle d’une « ampleur exceptionnelle des dommages ». Et ce bilan pourrait encore s’alourdir, car les victimes ont jusqu’au 31 août pour se manifester, alors que les chiffres actuels ne prennent en compte que les dossiers déposés jusqu’à la mi-août.

Ce contexte inédit pousse les acteurs du secteur à s’interroger sur l’avenir. Adrien Couret, directeur général d’Aéma Groupe, qui chapeaute notamment la Macif et Aésio, reconnaît n’avoir « jamais connu ça sur ces 20 dernières années ». Face à la répétition des catastrophes climatiques, la question de zones devenues non-assurables se pose désormais ouvertement. Pour l’éviter, il appelle à une prévention renforcée et à une meilleure adaptation du territoire. Même son de cloche du côté de Pascal Demurger, le directeur général de la Maif. Il plaide pour une régulation et une mutualisation entre assureurs, afin d’éviter que certains se retirent des régions les plus exposées, jugées peu rentables. Sans action collective, prévient-il, « il y a un vrai risque » de voir ces territoires abandonnés à leur sort.

Derrière ces chiffres, il y a des vies bouleversées. Sur les 25 000 dossiers ouverts, 21 000 concernent des particuliers, dont une partie des 30 000 personnes qui ont reçu l’ordre d’évacuer leur domicile pendant la crise. Les professionnels et les collectivités ne sont pas épargnés, avec près de 3 000 déclarations. Plus de 1 800 dossiers concernent des pertes d’exploitation, soit près de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires envolé, souvent sans que les entreprises n’aient subi de dégâts matériels directs. Les experts sont déjà à pied d’œuvre, la plupart des sinistres les plus importants ayant fait l’objet d’une visite ou programmant celle-ci dans les prochains jours.

Cet été restera gravé comme une saison noire. Canicules à répétition, sécheresse historique, près de 100 000 hectares de forêt partis en fumée sur l’ensemble du pays, un record depuis que les images satellites existent. En Gironde, 42 000 hectares ont été ravagés dès la mi-juillet, du jamais vu depuis 1949. Le village du Porge a payé le plus lourd tribut, avec quelque 180 habitations détruites. Face à l’ampleur du chantier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis des mesures fortes lors de son déplacement dans la région, avec 12 millions d’euros d’aides immédiates, un dégrèvement fiscal pour les entreprises sinistrées et une procédure accélérée pour reconstruire les logements. Autant d’annonces qui devront se concrétiser, alors que la question de la prévention pour les prochains étés reste entière.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus