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La tapisserie de Bayeux s’installe à Londres pour une exposition hors normes

L’oeuvre brodée il y a près de mille ans quitte enfin la France pour le British Museum. Elle sera visible par le public à partir du 10 septembre 2026.

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La tapisserie de Bayeux s'installe à Londres pour une exposition hors normes

L’oeuvre brodée il y a près de mille ans quitte enfin la France pour le British Museum. Elle sera visible par le public à partir du 10 septembre 2026.

C’est un objet qui a traversé les siècles sans prendre une ride. La tapisserie de Bayeux, inscrite au registre Mémoire du Monde de l’Unesco, va s’exposer à Londres pendant dix mois. Le président Emmanuel Macron doit d’ailleurs la découvrir en avant-première mercredi avant l’ouverture au public. Les premières places mises en vente le 1er juillet se sont arrachées en quelques heures. Le site du musée a même été submergé de connexions, et la billetterie affiche complet jusqu’à la fin de l’année.

Derrière ce succès se cache un exploit logistique. La broderie mesure 68,3 mètres de long et pèse 350 kilos. Elle raconte en 58 scènes brodées l’histoire de Guillaume le Conquérant, depuis son choix comme héritier du trône en 1064 jusqu’à la débâcle des troupes anglaises en octobre 1066. On y croise 626 personnages et 202 chevaux. Personne ne sait avec certitude qui a réalisé ce travail. Les spécialistes penchent pour des brodeuses anglaises, peut-être inspirées par des manuscrits de Canterbury. D’autres parlent d’une création anglo-saxonne.

Le voyage de l’oeuvre n’a rien d’anodin. Elle n’avait quitté Bayeux qu’à deux reprises dans son histoire, une fois pour Paris en 1803 sur ordre de Napoléon Bonaparte, puis en 1944 pour rendre hommage aux troupes anglo-américaines. Le prêt à Londres avait déjà été envisagé en 1953 et en 1966, sans jamais aboutir. Cette fois, tout est différent. La tapisserie sera installée à plat, une première. Un caisson spécial anti-vibrations a été construit pour protéger ce trésor fragile. Le coût total de l’opération est assumé par le British Museum, soit environ 5 millions de livres. Le Royaume-Uni s’est même engagé à verser jusqu’à 800 millions de livres d’indemnisation en cas de dégât majeur.

Les visiteurs devront mettre le prix pour admirer cette merveille. Les billets coûtent entre 25 et 33 livres selon l’âge et l’horaire choisi, soit 28 à 38 euros. L’entrée reste gratuite pour les moins de 16 ans. À titre de comparaison, il fallait débourser 12 euros pour voir la tapisserie à Bayeux. Le directeur du musée assume ces tarifs élevés, expliquant que l’organisation de l’exposition coûte très cher. Pour rentrer dans ses frais, l’institution propose aussi des conférences payantes et des ateliers de broderie à 300 livres la journée. Le musée espère battre son record de fréquentation établi en 1972 avec l’exposition Toutankhamon et ses 1,69 million de visiteurs. Selon son président George Osborne, cette œuvre pourrait devenir l’événement d’une génération.

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