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Quand la Russie s’invite au G20, les alliés de l’Ukraine se crispent

Le ministre russe des Finances a débarqué sans prévenir au sommet américain. Résultat, une gêne générale chez les pays qui soutiennent Kiev et une…

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Quand la Russie s'invite au G20, les alliés de l'Ukraine se crispent

Le ministre russe des Finances a débarqué sans prévenir au sommet américain. Résultat, une gêne générale chez les pays qui soutiennent Kiev et une exclusion de la photo de famille.

Le G20, qui réunit les grandes puissances économiques de la planète, avait-il vraiment besoin d’une surprise pareille ? À Asheville, en Caroline du Nord, la présence d’Anton Silouanov a pris le dessus sur les discussions. Le ministre russe des Finances a pris place parmi les délégués sans que sa venue ait été annoncée. Pour les soutiens de l’Ukraine, difficile de faire comme si de rien n’était.

Les Européens ont été les premiers à s’offusquer. Ils voient dans cette arrivée silencieuse une manière de banaliser les relations avec un pays qui bombarde sans répit leur allié ukrainien. Leur mécontentement a produit un effet très symbolique, le représentant russe a été écarté de la traditionnelle photo de famille. François-Philippe Champagne, le ministre canadien des Finances, ne cache pas l’ambiance. Il évoque un malaise, sans aucun doute, et rappelle que le soutien de son pays à l’Ukraine reste entier. Les Canadiens sont très unis avec leurs partenaires européens, ajoute-t-il.

Cette tension n’est pas la seule à peser sur le sommet. Le même François-Philippe Champagne doit s’entretenir un peu plus tard avec Scott Bessent, le secrétaire américain au Trésor, qui accueille l’événement. Entre Washington et Ottawa, le climat est lourd. Les deux voisins se livrent à une escalade de droits de douane. Le Canada a rompu les négociations avec la Maison Blanche, estimant qu’on voulait lui imposer un accord commercial injuste. Il a riposté aux taxes américaines par des contre-surtaxes qui doivent s’appliquer le 8 septembre. Le ministre canadien promet d’être à la fois constructif et ferme, et rappelle ce que les citoyens attendent de lui, la défense du pays, de son industrie et de ses travailleurs.

Champagne assure pourtant que son gouvernement n’a pas cherché cette confrontation. Mais il fallait réagir pour que les entreprises canadiennes ne se retrouvent pas désavantagées face aux américaines, explique-t-il. Il décrit la réponse d’Ottawa comme ciblée, stratégique et proportionnée. Le message est clair, le Canada veut renouer le dialogue avec son puissant voisin, mais pas à n’importe quel prix.

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