Faits Divers
La crue himalayenne dépasse les 1.000 morts et laisse 4.500 disparus
Une semaine après l’effondrement d’un glacier, la région himalayenne panse ses plaies. Les secours cherchent encore, mais l’espoir s’amenuise.


Une semaine après l’effondrement d’un glacier, la région himalayenne panse ses plaies. Les secours cherchent encore, mais l’espoir s’amenuise.
Le bilan ne cesse de s’alourdir. Six jours après la vague géante provoquée par l’effondrement d’un glacier dans l’Himalaya, les autorités népalaises et chinoises recensent plus de 1.000 morts. Près de 4.500 personnes restent introuvables, emportées par la boue et les flots. Les morgues sont pleines et les familles attendent, sans savoir si leurs proches sont vivants ou déjà ensevelis. Face à cette saturation, le Népal a autorisé l’enterrement des premiers corps sans attendre leur identification formelle.
Côté népalais, les sauveteurs concentrent leurs efforts sur des tunnels de chantiers hydroélectriques. Une centaine d’ouvriers y avaient peut-être trouvé refuge. Les équipes utilisent explosifs, foreuses et pelleteuses pour atteindre ces galeries. Jusqu’ici, elles n’ont extrait que quelques corps. Un porte-parole de l’armée assure que le travail continue. Des spécialistes indiens, chinois et sud-coréens sont venus renforcer les effectifs. Au total, 20.000 personnes participent aux opérations au Népal et près de 12.000 victimes ont déjà été évacuées. Dans le district de Nuwakot, des équipes déblaient patiemment les villages engloutis.
Sur le versant chinois, plus de 2.000 secouristes sont aussi à pied d’œuvre. Ils tentent de rouvrir la route vers le poste-frontière de Gyirong. Une minute de silence a été observée dans ce district sinistré. Plus en aval, l’Inde a retrouvé 17 corps dans l’État de l’Uttar Pradesh, et les identifications sont en cours. Parmi les disparus, des centaines de touristes, de pèlerins et d’ouvriers étrangers. Au Népal, 583 ressortissants de plus de 30 pays sont sans nouvelles. Côté chinois, 261 personnes venues de 23 pays manquent à l’appel. Les chantiers de barrages paient un lourd tribut, avec 639 employés portés disparus au Népal.
À Katmandou, l’hôpital universitaire est devenu un lieu de dernier recours. Des familles y accrochent des photos sur les murs dans l’espoir d’obtenir une nouvelle. Un chauffeur de 58 ans, Debu Sapkota, y a affiché les portraits de sa belle-mère de 83 ans et de sa petite-fille, disparues à Trishuli Bazaar. Un témoin lui a dit qu’elles avaient été emportées. Il vient chercher leurs corps.
La catastrophe ravive aussi les tensions. Des voix tibétaines accusent Pékin de minimiser son bilan, ce que la Chine rejette en parlant de diffamation. Au Népal, le Premier ministre Balendra Shah relie la crue au réchauffement climatique. Il appelle la communauté internationale à agir face à des désastres de plus en plus fréquents. Les scientifiques rappellent que la mousson provoque souvent des inondations en Asie du Sud, mais que la hausse des températures rend ces événements plus intenses et plus répétés.
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