Économie
Wall Street dans le rouge après les frappes américaines en Iran
La reprise des hostilités entre Washington et Téhéran a fait plonger les indices boursiers et flamber le pétrole. Les craintes d’inflation refont surface…


La reprise des hostilités entre Washington et Téhéran a fait plonger les indices boursiers et flamber le pétrole. Les craintes d’inflation refont surface et les marchés obligataires s’agitent.
La Bourse de New York a terminé la séance de lundi dans le rouge. Le Dow Jones a cédé 374,09 points, soit 0,70%, pour finir à 53 185,90 points. Le S&P 500 a perdu 25,62 points, soit 0,33%, et le Nasdaq 31,53 points, soit 0,11%. Cette baisse trouve son origine dans une actualité géopolitique brûlante.
Les États-Unis ont bombardé deux sites iraniens de tirs de missiles sur l’île de Larak, à environ 660 km à l’est de Kharg. Cette frappe, annoncée dimanche soir, marque la fin d’une accalmie militaire qui durait depuis la fin juillet. L’Iran a néanmoins indiqué lundi vouloir encore une issue négociée, ce qui a évité une flambée incontrôlée des cours du pétrole. Le Brent s’échangeait à 90,47 dollars à la clôture, en hausse de 2,69%, et le WTI à 85,93 dollars, soit un gain de 3,03%.
Mais cette remontée des prix alimente la crainte d’un retour de l’inflation. Les déclarations du président de la Fed, Kevin Warsh, lors du symposium de Jackson, ont été interprétées comme un signal de fermeté monétaire. Selon l’outil FedWatch de CME, la probabilité d’une hausse des coûts d’emprunt en septembre atteint 60%, contre 41,4% une semaine plus tôt. Les rendements obligataires s’affolent. Le taux des Treasuries à dix ans a grimpé à 4,764%, un sommet depuis le 15 janvier 2025, et celui à trente ans à 5,266%, son plus haut depuis le 21 août.
Les tensions obligataires pèsent du coup sur les actions et pourraient donner le ton pour septembre, un mois souvent délicat pour les marchés. Malgré ce recul, les indices restent proches de leurs niveaux records. Le Dow Jones signe un cinquième mois consécutif de hausse, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq ont effacé deux mois de baisse. Thomas Kikis, directeur des marchés chez Standard Chartered, résume le sentiment général. Il souligne un dynamisme économique et entrepreneurial américain incroyable et estime que l’exceptionnalisme américain est bel et bien d’actualité.
Parmi les valeurs, les groupes énergétiques ont profité de la montée du brut. Exxon a gagné 2,73%, Chevron 2,13% et SLB 4,88% après avoir annoncé le rachat du fabricant de refroidissement Kelvion pour 3,4 milliards de dollars. Amazon a reculé de 2,49%, visé par une plainte de la FTC et de 22 États américains pour des pratiques publicitaires illégales. AON a perdu 9,55% après l’annonce du rachat du courtier USI pour 17 milliards de dollars. GameStop a progressé de 2,90% après avoir modifié les termes de son échange de dette de 1,4 milliard de dollars.
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