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À Ground Zero, une génération sans mémoire apprend enfin le 11-Septembre

Max Avena n’avait pas deux ans quand les tours sont tombées. Aujourd’hui, sa visite au mémorial lui a ouvert les yeux sur une histoire que l’école ne…

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À Ground Zero, une génération sans mémoire apprend enfin le 11-Septembre

Max Avena n’avait pas deux ans quand les tours sont tombées. Aujourd’hui, sa visite au mémorial lui a ouvert les yeux sur une histoire que l’école ne raconte pas assez.

Max Avena a 17 ans et il est lycéen. Quand il a marché sur l’emplacement exact des tours jumelles, les témoignages des rescapés l’ont laissé sans voix. Il appartient à cette génération née après les attentats du 11 septembre 2001. Ce jour-là, 2.977 personnes sont mortes sous les coups d’Al-Qaïda sur le sol américain. Pourtant, aucun programme national n’impose l’enseignement de cette date. Chaque école fait ce qu’elle veut. La transmission repose donc sur des enseignants, des bénévoles et des associations.

À Wantagh, une ville proche de New York, une douzaine d’habitants ont perdu la vie lors des attaques. Pour que les élèves mesurent l’ampleur du drame, les professeurs ont organisé une sortie au mémorial et au musée du 11-Septembre. Paul Guzzone, le directeur de l’établissement, explique que ses élèves apprenaient cet événement comme ils apprenaient la Seconde Guerre mondiale ou Pearl Harbor. Mais une visite sur place n’a rien à voir avec un cours. Max Avena, qui a fait ce déplacement l’an dernier, raconte que l’on ne prend conscience de la réalité qu’une fois sur les lieux. Selon lui, rien ne vaut le contact direct avec ce sol chargé d’histoire.

Pour financer ces expéditions dans le sud de Manhattan, la fondation de l’acteur Gary Sinise a apporté son soutien. Elle a également aidé à récolter des fonds pour payer des visites chaque année et créer un mémorial dans l’enceinte du lycée. James Ravella, vice-président exécutif de la fondation, souligne que les jeunes enseignants sortis de l’université n’ont eux-mêmes aucune mémoire de cet événement. Raconter cette histoire devient donc plus crucial que jamais. Paul Guzzone insiste sur le fait que les témoignages directs s’effacent progressivement. La fondation propose aussi des formations aux professeurs, en lien avec le mémorial et le musée.

Pour les plus petits, des outils numériques ont vu le jour. La série « Le monde des mots d’OOPA » explique aux enfants dès cinq ans des mots essentiels comme « anniversaire », « urgence », « héros », « mémoire » ou « service ». Le personnage principal est interprété par Rupa Mehta. Certaines vidéos montrent des personnes touchées de près par les attentats, notamment une fillette de 11 ans dont le grand-père est intervenu après l’attaque du Pentagone. Rupa Mehta raconte que c’est une autre enfant qui lui a donné l’idée de ce projet. Cette enfant était attristée que le 11-Septembre ne soit pas abordé à l’école. Elle avait le sentiment que le sacrifice de sa famille passait inaperçu. C’est ce déclic qui a poussé Rupa à créer ces vidéos.

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