Politique
Le pari de Tourcoing pour Édouard Philippe
Gérald Darmanin renonce à la présidentielle et se range derrière l’ancien Premier ministre. Ce dimanche, dans le Nord, Édouard Philippe compte bien…

Gérald Darmanin renonce à la présidentielle et se range derrière l’ancien Premier ministre. Ce dimanche, dans le Nord, Édouard Philippe compte bien transformer ce ralliement en tremplin pour sa campagne.
Édouard Philippe s’apprête à occuper le devant de la scène politique ce dimanche à Tourcoing. Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, y organise sa rentrée politique pour la quatrième année consécutive. Mais cette fois, la vedette n’est pas le ministre. Depuis son annonce le 17 août, il est clair qu’il ne briguera pas l’Élysée et qu’il soutient le président d’Horizons. Pour Édouard Philippe, cette réunion dans le jardin botanique de Tourcoing prend des allures de meeting personnel. Après Mayotte, La Réunion et un débat devant le Medef, il enchaîne avec cette étape dans le Nord avant un face-à-face avec François Hollande à Sens. L’objectif est simple. Asseoir sa position dans la bataille qui l’oppose à Gabriel Attal pour le leadership du bloc central.
Les enquêtes d’opinion donnent un avantage à l’ancien Premier ministre. Gabriel Attal a beau affirmer qu’il n’y a plus de favori, les écarts restent ténus. Mais toutes les études s’accordent sur un point. Marine Le Pen domine largement le premier tour et emporterait le second face à n’importe quel adversaire. Gérald Darmanin l’a dit sans détour. Son camp se situe pour l’instant en troisième position, derrière Jean-Luc Mélenchon qu’il voit dépasser les 20%. Un dirigeant du bloc central ironise sur ce soutien ambigu. Il le compare à une corde qui soutient le pendu. Darmanin préparerait déjà l’après-présidentielle en se positionnant comme chef de l’opposition face à une victoire annoncée du Rassemblement national.
Le ministre de la Justice n’a pas caché ses exigences. Il veut un Édouard Philippe beaucoup plus ferme sur l’immigration. L’ancien locataire de Matignon ne reprend pas pour autant l’idée d’un moratoire. Il assure que la France continuerait d’accueillir des étudiants et des travailleurs étrangers. Autre dossier délicat, les retraites. Darmanin se dit opposé à un départ à 67 ans, et affirme que son candidat partage cette position. Les proches d’Édouard Philippe ont pourtant passé des années à expliquer qu’il n’avait jamais proposé une telle mesure. L’intéressé lui-même maintient le flou. Sa réforme tiendrait compte des différences entre les métiers et resterait juste, mais elle reposerait sur un principe simple. Tout le monde devrait travailler un peu plus longtemps. Les contours précis de cette réforme ne seront peut-être pas dévoilés à Tourcoing. Un soutien prédit une séquence politique axée sur le rassemblement plutôt que sur les détails programmatiques.
Le maire du Havre veut incarner l’unité de la droite modérée et du centre. Les ralliements s’accumulent ces derniers jours. Après Maud Bregeon et Mathieu Lefèvre, Benjamin Haddad et l’eurodéputé Grégory Allione ont rejoint le mouvement. Gabriel Attal, lui, ne renonce pas. Le secrétaire général de Renaissance a déjà prévu un meeting à Lyon à la mi-octobre. La bataille pour la candidature unique du bloc central est loin d’être terminée.
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