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Un cardiologue syrien prêt à quitter l’Allemagne si l’extrême droite gagne en Saxe-Anhalt

L’AfD, parti hostile à l’immigration, peut devenir la première force de Saxe-Anhalt. Un cardiologue syrien installé là-bas prévient qu’il fuira si la…

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Un cardiologue syrien prêt à quitter l'Allemagne si l'extrême droite gagne en Saxe-Anhalt

L’AfD, parti hostile à l’immigration, peut devenir la première force de Saxe-Anhalt. Un cardiologue syrien installé là-bas prévient qu’il fuira si la haine s’installe.

Ayman Alyoussef a quitté la Syrie pour l’Allemagne en 2014. Aujourd’hui, il travaille comme cardiologue à Quedlinbourg, une petite ville pleine de charme où il vit avec sa femme et ses enfants. Depuis un an, il s’y sent bien. Mais l’élection régionale qui se tient dans une semaine pourrait tout faire basculer. L’Alternative pour l’Allemagne, formation hostile à l’immigration, russophile et pro-Trump, devance les conservateurs menés par Friedrich Merz d’environ vingt points dans les sondages. Si elle l’emporte, ce serait la première fois depuis 1945 qu’un parti d’extrême droite dirige une région allemande.

Ulrich Siegmund, son candidat, a déjà annoncé la couleur. Il expulsera les étrangers en situation irrégulière ou sous le coup d’une obligation de quitter le territoire. Pour lui, une immigration régulière et strictement contrôlée ne poserait pas de problème. Mais Ayman Alyoussef, naturalisé allemand comme sa femme et ses enfants, ne se sent pas à l’abri. « J’ai peur que la haine des étrangers se répande », confie-t-il. Il craint qu’on le regarde comme un profiteur quand il n’est pas à l’hôpital. « Les gens disent qu’ils ne veulent pas de moi ici. C’est ça le problème. » Il le dit sans détour, il peut travailler dans une autre région allemande ou dans un autre pays.

Cette menace de départ tombe au pire moment. Depuis la réunification, la Saxe-Anhalt a perdu près d’un quart de sa population, surtout des habitants partis chercher des salaires plus élevés à l’ouest. La région manque de bras. Sven Schulze, candidat des conservateurs, martèle que pour deux personnes qui quittent le marché du travail, une seule y entre. Impossible de combler ce manque avec les seuls habitants locaux. L’AfD, elle, compte sur le retour des Allemands installés à l’étranger et sur une natalité plus forte.

En attendant, l’économie locale s’appuie déjà massivement sur les immigrés. Dans une entreprise sur quatre parmi les 60 000 PME de la région, une personne issue de l’immigration travaille. Le secteur médical est encore plus dépendant. La chambre des médecins de Saxe-Anhalt chiffre à 18,55% la part des praticiens étrangers. Le directeur de la clinique de Quedlinbourg est catégorique. Sans ces collègues hautement qualifiés, il devrait fermer. « Je devrais fermer l’hôpital », dit-il.

Matthias Herberg, qui tient un magasin de réparation informatique à Magdebourg, sait aussi de quoi il parle. Il cherche des professionnels qualifiés, il n’en trouve pas. Il pointe un problème de relève, avec des élèves moins solides qu’il y a dix ou vingt ans. Alors il a pris en apprentissage Rezwaan Talash, un Afghan de 24 ans installé dans la ville depuis six ans. Ce jeune homme, passionné d’informatique, dit avoir réalisé son rêve. Mais les élections l’angoissent. Il se demande si sa vie restera la même après le scrutin. Dans l’association Afima, fondée par sa mère pour aider les femmes afghanes à Magdebourg, beaucoup de proches sont déjà partis de Saxe-Anhalt pour se mettre à l’abri.

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