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Lecornu écarte la présidentielle et sort un budget de transition pour 2027

Le Premier ministre le répète sans trembler, il ne sera pas candidat au printemps. Il détaille malgré tout un budget provisoire, conçu pour être…

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Lecornu écarte la présidentielle et sort un budget de transition pour 2027

Le Premier ministre le répète sans trembler, il ne sera pas candidat au printemps. Il détaille malgré tout un budget provisoire, conçu pour être réversible après le vote.

Le ton est sec. Sébastien Lecornu en a assez de répéter la même chose. Non, il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle. Et il le dit sans détour, comme pour couper court à toute spéculation. Le Premier ministre en profite pour retourner la demande à ses adversaires. Il les appelle à ne pas entraver davantage l’action du gouvernement pendant la campagne.

Cette mise au point intervient dans un contexte très tendu. Le budget 2027 doit être voté, mais l’Assemblée nationale est fragmentée. Aucune majorité ne se dégage. Résultat, le chef du gouvernement craint le pire si aucun texte ne passe. Un budget absent viendrait ajouter un désordre domestique au désordre international. Financièrement, ce serait une situation extrêmement grave. Pour éviter ce scénario, il promet un budget très particulier.

Ce budget serait en quelque sorte une toile à moitié peinte. Beaucoup de mesures seraient réversibles, pour laisser la prochaine majorité choisir sa route. Il ne couvrirait que le premier semestre, en attendant les résultats des urnes. L’objectif initial de ramener le déficit à 5% du PIB est abandonné. La guerre en Iran et le blocus du détroit d’Ormuz ont bouleversé toutes les prévisions.

Côté efforts, l’État prendrait la part la plus lourde. Ses dépenses continueraient de progresser, mais moins vite que l’inflation. Les collectivités locales devraient, elles, suivre le rythme des prix. Les dépenses sociales, elles, seraient mécaniquement plus élevées à cause du vieillissement de la population. Le RSA et les petites retraites ne seront pas gelés. En revanche, désindexer les pensions les plus importantes est une piste sérieuse. L’idée est de faire participer les retraités les plus aisés au soin des personnes âgées. Des mesures difficiles, mais pas brutales.

Le gouvernement prépare aussi une réforme des arrêts maladie, en discussion avec les partenaires sociaux. Certains médicaments pourraient être moins remboursés lorsque leur efficacité est faible. Les aides au carburant seraient prolongées. Les agriculteurs, durement touchés par la sécheresse, recevraient un plan de soutien pour passer l’hiver, puis un plan de relance en 2027. Tout cela sans hausse d’impôts, promet le Premier ministre. Il refuse de reconduire la surtaxe sur les très grandes entreprises, car cela enverrait un très mauvais signal aux investisseurs internationaux.

Ces annonces n’apaisent pas l’opposition. Boris Vallaud, le chef des députés socialistes, dénonce du chantage. Il réclame un budget pour la France, mais pas celui de Sébastien Lecornu. Le Premier ministre a aussi attaqué une proposition de Jean-Luc Mélenchon, qui consiste à brûler une partie de la dette. Cette idée, selon lui, conduirait tout droit à une sortie de l’euro. Il y voit une faute morale, pernicieuse, perverse, et même une faute patriotique.

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