Politique
Olivier Faure coincé dans la primaire qu’il voulait éviter
Le patron du PS retient sa candidature à Blois, mais tout son camp le pousse à se lancer. Face à Raphaël Glucksmann, favori des sondages, la route paraît…


Le patron du PS retient sa candidature à Blois, mais tout son camp le pousse à se lancer. Face à Raphaël Glucksmann, favori des sondages, la route paraît étroite.
Ce week-end à Blois, le Parti socialiste fait sa rentrée. Olivier Faure est sur place, et tout le monde attend qu’il dise enfin s’il sera candidat à la primaire de la gauche. Réponse attendue. Le premier secrétaire doit prononcer un discours, mais il a prévenu qu’il ne se dévoilerait pas ici. Il va plutôt plaider pour l’unité du parti. Sa candidature est pourtant devenue un secret de Polichinelle. Il a jusqu’au 15 septembre pour se déclarer, alors que quatre prétendants sont déjà en lice.
Raphaël Glucksmann, le leader de Place publique, fait figure de favori. Vendredi, il est arrivé à Blois sous les applaudissements. Les enquêtes d’opinion le placent entre 10 et 15 % des intentions de vote, quand Olivier Faure, lorsqu’il est testé, plafonne autour de 5 %. Le député de Seine-et-Marne n’a d’ailleurs pas été invité au débat du Medef jeudi à Roland-Garros, où sept candidats déclarés ont croisé le fer. Un proche d’Olivier Faure avance une explication. Glucksmann incarne la famille socialiste dans les sondages parce que beaucoup l’imaginent déjà comme le candidat désigné. Pour autant, le patron du PS ne s’efface pas. En fin tacticien, il s’est invité en douceur au point de presse de son futur rival, histoire de montrer qu’on ne pourra pas passer sans lui.
Mais dans son propre camp, plusieurs figures ont déjà choisi leur camp. Carole Delga, présidente d’Occitanie, Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, et surtout Boris Vallaud, chef des députés socialistes, soutiennent Raphaël Glucksmann. Samedi, Boris Vallaud s’est encore affiché à ses côtés. L’eurodéputé assure qu’il veut remporter la présidentielle et non rejouer une bataille de congrès. Un adversaire d’Olivier Faure résume la situation. Pour lui, c’est mathématique, Faure ne peut pas gagner.
La primaire a déjà laissé des traces dans le parti. En juillet, pour la première fois depuis qu’il est à sa tête, Olivier Faure a été mis en minorité lors d’un vote des militants sur l’organisation de ce scrutin. Il défendait une primaire ouverte à tous les sympathisants de gauche, moyennant deux euros. Les militants ont opté pour une primaire fermée, réservée au PS et à Place publique, avec une adhésion à 15 euros. Venu participer à un débat sur le travail, François Ruffin a pris la défense de Faure. Il a comparé la primaire à un videur de boîte de nuit qui vient vous dire non, tu n’as pas la bonne gueule. D’autres sont plus durs. Pour l’eurodéputé François Kalfon, Faure n’est pas dans le match. Un proche de Boris Vallaud lâche que s’il était pris au sérieux comme candidat, cela se saurait après huit ans à la tête du parti.
Les proches d’Olivier Faure veulent encore y croire. Ils rappellent que Glucksmann a connu des trous d’air par le passé et qu’une primaire peut attirer de nouveaux adhérents. Notamment ceux qui rêvent d’une union de la gauche et des écologistes. C’est sur cette ligne que Faure veut se placer, lui qui affiche sa proximité avec Marine Tondelier et les Verts, ainsi qu’avec les anciens insoumis. Glucksmann, malgré le ralliement de Yannick Jadot, demeure un épouvantail pour une partie des militants écologistes. Olivier Faure assure être en dialogue permanent avec Marine Tondelier et la direction des Verts pour trouver une voie commune. De son côté, la patronne des écologistes attendrait de connaître l’issue de la primaire avant d’aller voir du côté de La France insoumise, selon un proche de Faure.
Ségolène Royal, elle, agite déjà la carte verte. L’ancienne ministre de l’Environnement, seule femme candidate à ce stade, a appelé samedi à passer à l’action sur ce sujet. La primaire s’annonce serrée, et la décision d’Olivier Faure, attendue avant le 15 septembre, pourrait bien rebattre les cartes dans un camp socialiste plus divisé que jamais.
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