Nous rejoindre sur les réseaux

Politique

Hasan Piker, l’influenceur qui encombre la campagne des démocrates

Un streamer socialiste aux millions de followers devient un boulet pour le Parti démocrate. Les Républicains en font une arme politique avant les…

Article

le

Hasan Piker, l’influenceur qui encombre la campagne des démocrates

Un streamer socialiste aux millions de followers devient un boulet pour le Parti démocrate. Les Républicains en font une arme politique avant les élections de mi-mandat.

Elle n’en peut plus. La représentante démocrate Debbie Dingell ne veut plus entendre parler de Hasan Piker, ce streamer de gauche qui lui attire des questions à chaque meeting. Son agacement témoigne d’un vrai casse-tête pour son camp. Les Républicains, mal placés avant les élections de mi-mandat, ont décidé de faire de l’influenceur une cible de choix. Les démocrates, eux, rêvent de reconquérir une ou deux chambres du Congrès. Mais chaque débat autour de Hasan Piker détourne les projecteurs de leur principal argument, le bilan économique de Donald Trump.

Qui est cet homme qui affole les sphères politiques ? Il a 35 ans, porte costume-cravate et lunettes fines. Chaque jour, il se lance dans un long monologue sur Twitch, rebondit sur les commentaires des internautes, commente des vidéos et livre son avis sur l’actualité. Sa cible favorite, les autorités israéliennes. Il se dit socialiste et anti-impérialiste, un positionnement rare sur une plateforme où les codes de la droite radicale semblaient régner. Il soigne aussi son image physique. En 2025, il pose nu dans une baignoire pour le magazine GQ et évoque, dans l’interview, son traitement contre la chute de cheveux. Debbie Dingell, elle, n’en revient pas. Elle se demande sérieusement si son audience repose sur ses biceps plutôt que sur ses idées.

Jusqu’à l’été dernier, Hasan Piker restait un camarade acceptable. Il avait fait campagne au printemps avec Abdul El-Sayed, candidat de gauche investi par les démocrates pour le Sénat dans le Michigan. Mais sa sortie du 20 août a tout fait voler en éclats. Ce jour-là, il a déclaré que les Juifs ouvertement pro-israéliens s’exposaient à des violences. Selon lui, ces personnes lient leur identité à un pays qui deviendra inévitablement l’État islamique juif, ce qui aggrave l’antisémitisme. Face à la polémique, Abdul El-Sayed a reculé. Il a affirmé le 24 août que la sécurité des Juifs lui est aussi précieuse que celle de ses filles. La sénatrice Elissa Slotkin a, elle aussi, condamné ces propos en rappelant qu’aucune communauté ne doit subir de menaces pour ses idées politiques.

De son studio californien rempli de bibelots, Hasan Piker a contre-attaqué. Il assure lutter depuis toujours contre l’antisémitisme et se pose en victime d’une campagne de dénigrement, en plus de l’islamophobie. Son passé ne plaide pas toujours pour lui. En 2019, il avait affirmé que l’Amérique méritait le 11-Septembre, avant de se rétracter. Né aux États-Unis de parents turcs, il a débuté dans l’émission web The Young Turks, un média progressiste. Aujourd’hui, il refuse de modifier son discours sur les autorités israéliennes. Il juge ses idées de plus en plus populaires.

Les chiffres lui donnent peut-être raison. En mai 2026, le centre de recherche Pew a interrogé les Américains. Résultat, 62% d’entre eux ont une opinion défavorable des autorités israéliennes. En avril 2019, ils n’étaient que 51%. Le regard sur le peuple israélien se dégrade aussi. Les avis positifs tombent à 52%, contre 62% sept ans plus tôt. Le soutien indéfectible à Israël s’effrite. Et les démocrates, en pleine course pour reprendre le Congrès, savent que cet allié encombrant pourrait leur coûter cher.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus