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Les Islandais vont-ils rouvrir la porte de l’Europe ?

Les électeurs votent ce samedi sur une reprise des négociations avec l’Union européenne. Un scrutin très serré, suivi de près à Bruxelles dans un contexte…

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Les Islandais vont-ils rouvrir la porte de l'Europe ?

Les électeurs votent ce samedi sur une reprise des négociations avec l’Union européenne. Un scrutin très serré, suivi de près à Bruxelles dans un contexte géopolitique tendu.

L’Islande se demande si elle a encore envie de faire partie de l’Union européenne. Ce samedi, près de 273 000 électeurs doivent dire si le pays doit rouvrir les négociations d’adhésion gelées depuis 2013. Un oui ne signerait pas l’entrée dans l’UE. Il faudrait ensuite un second référendum sur l’adhésion elle-même. Le suspense est total, les derniers sondages donnent les deux camps au coude-à-coude.

La ministre des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, mène la campagne du oui. Elle répète que rien n’est joué. « C’est très serré, mais je suis toujours optimiste », confie-t-elle. Les premiers résultats crédibles ne tomberont que tard dans la nuit, car aucun sondage à la sortie des urnes ne sera publié.

La pêche est l’un des principaux obstacles. Reykjavik veut garder la main sur ce secteur vital pour l’économie islandaise. Bruxelles promet de chercher des solutions créatives, mais la méfiance reste forte. L’Islande est déjà très intégrée au marché européen grâce à l’Espace économique européen. Beaucoup se demandent à quoi bon aller plus loin. Une animatrice radio de 60 ans compare la situation à un couple qui vit séparément. « Si on perd quelque chose en se mariant, pourquoi se marier ? » Un entrepreneur de 65 ans abonde. « Nous n’avons pas besoin que Bruxelles nous gouverne. Nous pouvons nous débrouiller seuls. »

Mais la réussite islandaise a son revers. L’inflation et les taux d’intérêt pèsent sur les ménages. Certains paient plus de 9% d’intérêts sur leur crédit immobilier. Pour les partisans de l’euro, adopter la monnaie européenne à terme permettrait de bénéficier de taux moins élevés. Une employée d’université de 32 ans y voit une décision responsable. Il faut, dit-elle, donner au gouvernement le mandat de négocier avec l’Union européenne, puis juger l’accord obtenu.

Le contexte géopolitique complique encore le choix. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a fait renaître la peur de la guerre. Et le second mandat de Donald Trump n’arrange rien. Le président américain multiplie les déclarations imprévisibles, avec des visées sur le Groenland voisin. Or l’Islande n’a pas d’armée. Elle s’appuie sur l’Otan et sur un accord avec les États-Unis signé en 1951. Selon Eirikur Bergmann, professeur de science politique, cet accord est de plus en plus interrogé par la population.

Bruxelles suit ce scrutin avec un intérêt particulier. L’Union européenne n’a pas accueilli de pays riche et contributeur net au budget depuis 1995. Une adhésion de l’Islande serait une belle vitrine pour la politique d’élargissement. En face, les candidatures du Monténégro, de l’Albanie, de l’Ukraine ou de la Moldavie avancent lentement et dans la douleur. La commissaire à l’Élargissement, Marta Kos, affirme qu’une décision islandaise renforcerait sans doute les arguments en faveur de nouveaux membres. Le vote pourrait aussi rouvrir le débat chez la Norvège, elle aussi membre de l’Espace économique européen mais toujours réticente à rejoindre l’UE.

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