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Les États-Unis prennent les commandes du pétrole vénézuélien
Un accord colossal donne à Washington le contrôle de la majorité des réserves pétrolières du Venezuela. De quoi remplir les caisses de Caracas, mais aussi…


Un accord colossal donne à Washington le contrôle de la majorité des réserves pétrolières du Venezuela. De quoi remplir les caisses de Caracas, mais aussi nourrir bien des interrogations.
C’est un accord dont l’ampleur donne le vertige. Washington et Caracas viennent de sceller un partenariat qui place les États-Unis aux commandes de plus de 65 milliards de barils de réserves pétrolières. Le président américain le présente comme le plus grand accord pétrolier jamais signé dans le monde, promettant de doubler les réserves des États-Unis. Côté vénézuélien, la présidente par intérim Delcy Rodriguez confirme et adresse des remerciements appuyés à Donald Trump.
Concrètement, le projet prévoit de développer 17 champs stratégiques. Les investissements privés frôleraient les 100 milliards de dollars. En retour, l’État vénézuélien espère engranger plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales. Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, promet des milliers d’emplois bien rémunérés et la reconstruction de l’économie du pays. Le Venezuela détient déjà les plus grandes réserves prouvées de pétrole de la planète, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production plafonne. Les installations vieillissent et les investisseurs étrangers se sont longtemps méfiés du régime.
Cet accord ne sort pas de nulle part. Les États-Unis voient leurs réserves stratégiques de pétrole tomber à leur niveau le plus bas depuis 1982. Face aux perturbations d’approvisionnement et à la hausse des cours liées au conflit au Moyen-Orient, Washington s’est déjà engagé à puiser 172 millions de barils dans ses stocks. Donald Trump assure que ce partenariat fera baisser le prix de l’essence pour les Américains pendant des années, sans coûter un centime aux contribuables. Surtout, l’administration américaine cherche à relancer l’exploitation des ressources vénézuéliennes après la capture de Nicolas Maduro. La mainmise sur ce pétrole devient une priorité stratégique.
Reste à savoir si les promesses résisteront à la réalité. Le régime vénézuélien a déjà confisqué les actifs de grandes entreprises pétrolières, comme ExxonMobil, par le passé. Les questions de sécurité et de fiabilité du cadre juridique inquiètent. Certains analystes estiment que Washington veut créer une zone protégée pour les entreprises américaines, à l’abri des revirements politiques. Mais d’autres soulignent que ces projets mettront des années à voir le jour. Un futur gouvernement vénézuélien pourrait aussi décider de tout remettre en cause. Pour plusieurs observateurs, il s’agit avant tout d’une mise en scène politique autour de négociations déjà bien avancées. L’achat de brut vénézuélien par les États-Unis était de toute manière déjà acquis. Trump en fait un trophée, dans un climat de tensions au Moyen-Orient et de hausse des prix de l’énergie.
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