Politique
Philippe et Hollande s’affrontent sur la fiscalité à huit mois de la présidentielle
L’ancien président et l’ancien Premier ministre ont débattu à Sens, unis sur le constat des dégâts financiers, mais radicalement opposés sur la marche à…


L’ancien président et l’ancien Premier ministre ont débattu à Sens, unis sur le constat des dégâts financiers, mais radicalement opposés sur la marche à suivre. Le premier veut augmenter les impôts, le second tailler dans les dépenses.
Samedi, dans l’Yonne, deux poids lourds de la vie politique se sont retrouvés sur la même estrade. Édouard Philippe et François Hollande ont confronté leurs visions devant l’université de rentrée du Laboratoire de la République, le mouvement de Jean-Michel Blanquer. L’ambiance était courtoise, mais les désaccords bien réels.
Sur le diagnostic, aucun désaccord. La France file un mauvais coton. Édouard Philippe parle d’un « lent étouffement ou d’un choc brutal » qui guette le pays. François Hollande renchérit en rappelant que le problème n’est ni de droite ni de gauche, mais touche à la place de la France dans le monde. Les deux hommes savent que le redressement budgétaire sera douloureux. Reste à savoir qui va payer.
C’est là que les chemins se séparent. L’ancien président assume une hausse des prélèvements, en particulier sur les plus fortunés, après des années de baisses d’impôts jugées irresponsables. Pour lui, la moitié du redressement doit passer par la fiscalité, l’autre par des économies. Édouard Philippe, lui, refuse cette solution qu’il juge trop classique. Il préfère attaquer la dépense publique, notamment la dépense sociale devenue « insoutenable ». Sa priorité, dit-il, c’est l’intérêt des actifs et de la jeunesse dans une société qui vieillit.
Les deux rivaux ont aussi échangé des piques sur l’union des forces modérées. François Hollande veut rassembler les électeurs au-delà des clivages et s’adresser à ceux qui ne croient plus en la politique. Édouard Philippe, qui se revendique « homme de droite », l’a attaqué sur son alliance avec La France insoumise lors des législatives de 2024. Hollande a répliqué en évoquant le risque de victoire du Rassemblement national et la nécessité du front républicain. La salle a applaudi.
Sur l’avenir, François Hollande reste évasif. Interrogé sur une éventuelle candidature, il promet une réponse en décembre. Il en profite pour enterrer la conception hyper-présidentielle d’Emmanuel Macron, affirmant que cette époque est révolue. Édouard Philippe, lui, esquive les questions sur Gabriel Attal, mais ironise sur ce concurrent qui n’ose pas se déclarer. À huit mois du premier tour, chacun guette le bon moment pour frapper fort.
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