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Le grand œil de la Nasa s’envole pour dresser la plus vaste carte de l’univers jamais imaginée

Après plus de dix ans de développement, le télescope spatial Roman prend son envol pour scruter le cosmos. Sa mission pourrait rebattre les cartes de ce…

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Le grand œil de la Nasa s'envole pour dresser la plus vaste carte de l'univers jamais imaginée

Après plus de dix ans de développement, le télescope spatial Roman prend son envol pour scruter le cosmos. Sa mission pourrait rebattre les cartes de ce que la science croit savoir sur l’univers.

La Nasa lance dimanche son nouveau télescope spatial Roman, une machine hors normes pensée pour cartographier le ciel comme aucune autre avant elle. Haut de plus de 12 mètres, l’engin doit décoller depuis la Floride à bord d’une fusée Falcon Heavy de SpaceX, tôt le matin. Le président américain Donald Trump a salué vendredi cet appareil de dernière génération, assurant qu’il permettrait de percer les secrets de l’univers. Derrière ce lancement se cache un chantier scientifique colossal, mené pendant plus d’une décennie pour un budget dépassant les 4 milliards de dollars.

Le télescope porte le nom de Nancy Grace Roman, l’une des plus grandes astronomes américaines, surnommée la mère de Hubble. Et le clin d’œil à l’histoire n’est pas anodin. Hubble a bouleversé notre vision du cosmos en montrant que l’univers s’étend plus vite que prévu. Roman doit maintenant répondre aux questions que cette découverte a laissées ouvertes. Sa force, c’est son champ de vision. Il est plus de 100 fois supérieur à celui de Hubble et bien plus vaste que celui de James Webb. Depuis son poste d’observation, à 1,5 million de kilomètres de la Terre, qu’il atteindra après une centaine de jours de voyage, il pourra ratisser d’immenses zones du ciel. Conçu pour travailler aux côtés de James Webb, plus précis et plus puissant, il a pour objectif de dénicher des milliers d’exoplanètes et des dizaines de milliers de supernovas, ces étoiles massives en fin de vie.

Son autre chantier, c’est l’invisible. La matière noire et l’énergie noire représenteraient environ 95% de notre univers, mais personne ne sait vraiment ce qu’elles sont. La première agirait comme une sorte de colle gravitationnelle, la seconde comme une force répulsive qui accélère l’expansion du cosmos. Grâce à sa vision infrarouge, Roman pourra capter la lumière émise par des objets célestes il y a des milliards d’années, et ainsi remonter le temps pour observer ces phénomènes sous un angle inédit. Les scientifiques attendent beaucoup de ces données, qui viendront compléter les travaux de l’observatoire Rubin au Chili et de la sonde Euclid de l’Agence spatiale européenne. Car il y a urgence à comprendre. Les chercheurs ont récemment constaté que l’expansion de l’univers à ses débuts ne collait pas tout à fait avec leurs modèles. Pour Julie McEnery, astrophysicienne responsable du télescope, cela laisse penser que le modèle standard de l’univers pourrait être faux. Roman permettra de le vérifier sans ambiguïté, et si ce modèle ne fonctionne pas, il fournira des données assez précises pour explorer d’autres pistes.

Toutes les observations de Roman seront rendues publiques, pour les scientifiques comme pour le grand public. Mais il faudra être équipé pour les recevoir. Les volumes de données transmis chaque jour sont si énormes qu’ils ne peuvent pas tenir sur un ordinateur portable ordinaire. Et la Nasa s’y attend déjà. Les plus grandes découvertes du télescope pourraient bien être des surprises, des résultats inattendus qui ouvriront un nouveau champ de questions. L’aventure, elle, ne fait que commencer.

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