Europe
Armes, argent gelé, sabotages, l’Europe face à la pression russe
Les ministres européens se réunissent en Irlande au moment où Moscou menace l’Ukraine et multiplie les opérations de déstabilisation. Au menu, la défense…


Les ministres européens se réunissent en Irlande au moment où Moscou menace l’Ukraine et multiplie les opérations de déstabilisation. Au menu, la défense antiaérienne, les avoirs russes gelés et la réponse aux actes de sabotage.
La guerre entre dans une nouvelle phase. La Russie a promis des frappes massives contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, juste avant l’hiver. Son but est simple, épuiser un pays qui tient depuis plus de quatre ans. Les civils paient déjà un lourd tribut. Le bilan de juillet a été particulièrement lourd, avec 70% de victimes civiles en plus par rapport au même mois de l’année précédente. Un chiffre que les diplomates européens jugent énorme.
Pour protéger ses villes, Kiev a besoin d’intercepteurs capables de stopper les missiles balistiques russes, notamment les Patriot de fabrication américaine. Mais ces équipements manquent. Les ministres de la Défense de l’UE vont donc sonder les pays qui en possèdent, dans l’espoir de les convaincre d’en livrer davantage. Certains ont déjà fait beaucoup, reconnaissent les responsables, mais d’autres doivent encore se décider. C’est précisément là que le travail va porter.
L’argent est l’autre dossier épineux. L’Espagne, la Suède, la Pologne et les Pays-Bas réclament l’utilisation des avoirs russes gelés dans l’Union européenne, soit environ 210 milliards d’euros. Mais la Belgique et d’autres pays ont fermement dit non, ce qui a obligé les Vingt-Sept à lancer un emprunt commun de 90 milliards. Le débat revient sur la table, mais une issue favorable reste peu probable.
Les réunions ont aussi lieu dans un climat tendu sur le continent européen. Berlin estime être de plus en plus la cible d’attaques hybrides, de sabotages, d’espionnage et de désinformation. Un drone chargé d’explosifs a été découvert dans la zone de fret de l’aéroport de Leipzig, un point de transit essentiel pour l’aide militaire à l’Ukraine. L’Allemagne promet de faire payer les auteurs, mais certains pays, notamment les Baltes, trouvent la réponse trop molle. La diplomatie estonienne parle carrément de terrorisme d’État et refuse d’appeler cela une guerre hybride. Des craintes plus larges circulent aussi sur une possible attaque russe contre un pays de l’Otan. Le chef du renseignement américain s’est récemment déplacé à Moscou pour faire passer un avertissement sur ce sujet.
Les discussions porteront aussi sur une liste de 1 600 personnes et entités russes. Les ministres devront réfléchir à une réforme du service diplomatique de l’UE, jugé trop peu efficace par la France et l’Allemagne. Les chefs de la diplomatie britannique et ukrainienne seront présents près de Dublin, un signe que le soutien à Kiev dépasse le cadre strict de l’Union.
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