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La Suède mise sur des frégates françaises pour muscler l’Europe de la défense

Stockholm passe commande de quatre navires de guerre tricolores et scelle une alliance militaire avec Paris. Un contrat à 4,3 milliards d’euros signé dans…

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La Suède mise sur des frégates françaises pour muscler l'Europe de la défense

Stockholm passe commande de quatre navires de guerre tricolores et scelle une alliance militaire avec Paris. Un contrat à 4,3 milliards d’euros signé dans une Europe qui veut prendre sa sécurité en main.

Dans le port de Stockholm, Emmanuel Macron et le Premier ministre suédois Ulf Kristersson ont donné le coup d’envoi d’un partenariat stratégique entre les deux pays. Le président français s’est exprimé à bord de la frégate Amiral Ronarc’h, pendant que la Suède officialisait l’achat de quatre frégates de défense et d’intervention construites par Naval Group. Le montant du contrat atteint 4,3 milliards d’euros, et le premier navire doit être livré en 2030.

Les deux dirigeants ont martelé le même message, l’Europe doit en faire plus pour sa propre sécurité. Face aux tensions avec la Russie et à un allié américain jugé de plus en plus imprévisible, ce rapprochement illustre ce qu’ils appellent le pilier européen de l’Otan. La Suède, membre de l’Alliance depuis 2024, a accéléré son réarmement dès le début de la guerre en Ukraine en 2022. Cette commande de frégates s’ajoute à celle de deux avions de surveillance Global Eye, achetés au géant suédois Saab en décembre pour plus d’un milliard d’euros.

Concrètement, les quatre navires, longs de 122 mètres et pesant 4 500 tonnes, doivent protéger Stockholm contre des menaces venues de la mer, des airs, des fonds marins et même du cyberespace. Ils emporteront des missiles Aster 30 pour contrer les missiles balistiques. Des missiles de croisière à longue portée pourraient aussi être installés, a indiqué Emmanuel Macron. Le chef de l’État assure que cette capacité antimissile vient épauler la dissuasion française dite avancée. Paris a proposé ce dispositif à huit pays européens, dont la Suède, sans jamais partager le pouvoir ultime de déclencher le feu nucléaire. Le Premier ministre suédois a rappelé que cette défense fait précisément défaut à l’Ukraine face aux frappes russes.

Au-delà des frégates, la France et la Suède veulent construire une industrie militaire européenne plus solide face à la domination américaine. Les deux pays fabriquent respectivement le Rafale et le Gripen, et n’excluent pas une coopération sur les avions de combat. Le projet SCAF avec l’Allemagne a capoté, mais des pistes restent ouvertes, notamment sur la production de moteurs d’avion. La France doit aussi contribuer aux forces terrestres avancées de l’Otan en Finlande, une mission placée sous commandement suédois. De son côté, la Grèce a déjà acheté quatre frégates FDI. La Norvège, elle, a préféré des navires britanniques en 2025.

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