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Rentrée sous tension pour 850 000 profs après une cyberattaque massive

Les enseignants retrouvent lundi leur établissement dans un contexte inédit. La fuite de données personnelles cet été a coupé les outils numériques dans…

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Rentrée sous tension pour 850 000 profs après une cyberattaque massive

Les enseignants retrouvent lundi leur établissement dans un contexte inédit. La fuite de données personnelles cet été a coupé les outils numériques dans plusieurs académies.

Les vacances sont terminées pour plus de 850 000 enseignants. Ils reprennent lundi le chemin de l’école pour une journée de préparation, avant l’arrivée des élèves mardi. Mais cette rentrée ne ressemble à aucune autre. Une cyberattaque survenue cet été a mis à mal le système d’information du ministère de l’Éducation nationale.

Le vol de données a été révélé le 31 juillet. Il avait été constaté six jours plus tôt. Mi-août, des hackers ont affirmé avoir récupéré des informations personnelles appartenant à des dizaines de milliers d’enseignants et d’élèves. Face à ce danger, les autorités ont coupé par précaution plusieurs accès aux outils numériques. Résultat, les chefs d’établissement ont dû préparer la rentrée sans tous leurs logiciels habituels.

Vendredi soir, le ministère annonçait un retour à la normale dans 28 académies sur 30. Restent les cas de Nantes et de Toulouse. Là-bas, la situation est compliquée. Une enseignante toulousaine raconte que les logiciels de traitement des données des élèves sont inutilisables, notamment pour les inscriptions et les radiations. Les messageries professionnelles et les applications restent coupées jusqu’à nouvel ordre. Le rétablissement complet n’est pas attendu avant deux semaines environ. Les espaces numériques de travail doivent être relancés le 7 septembre.

En attendant, les établissements s’organisent. Les plannings de cours seront distribués en version papier. À Nantes, l’accès aux messageries n’est que partiel, selon les appareils. Certains élèves qui n’ont pas encore d’affectation devront patienter jusqu’à la mi-septembre pour connaître leur futur établissement. Un vrai casse-tête pour les familles concernées.

Cette rentrée est aussi politique. C’est la dernière du second quinquennat d’Emmanuel Macron. Les syndicats dressent un bilan très sévère. Pour le Snes-FSU, il est même catastrophique. Sophie Vénétitay, sa secrétaire générale, estime que dix ans de politiques ont attaqué l’école dans sa mission profonde, celle de faire réussir tous les élèves. Beaucoup d’enseignants auraient perdu le sens de leur métier, remplacé par une forme de désenchantement. Le baromètre du SE-Unsa donne une idée de l’ampleur de ce malaise. Seuls 0,3% des 43 000 répondants se disent confiants dans l’avenir du système éducatif. Et le salaire est devenu leur première préoccupation.

Côté gouvernement, le discours est plus optimiste. Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray assure qu’il y aura assez de professeurs à la rentrée. Il met en avant la réforme du concours, désormais passé à bac+3. Les chiffres semblent lui donner raison. Le taux de postes pourvus atteint 98,5% dans le premier degré, contre 92,1% l’an dernier. Il monte à 96,1% dans le second degré, contre 90,6%. Les syndicats invitent toutefois à la prudence. Ces résultats seraient en partie « en trompe-l’oeil » à cause de la double organisation des concours cette année. Des disciplines comme les lettres classiques ou l’allemand restent en tension.

Le reste de la rentrée paraît plus calme. Aurélie Gagnier, du Snuipp-FSU, parle même d’une « rentrée plan-plan ». Deux nouveautés se démarquent. Un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles sera proposé aux élèves de la grande section à la terminale. Et les téléphones portables sont désormais interdits au lycée. Sur ce dernier point, le ministre se veut souple. Il faudra quelques semaines pour que l’interdiction s’installe vraiment, et ce n’est pas grave. L’essentiel est ailleurs, assure-t-il. Dans les salles de classe, l’ambiance pourrait être marquée par les ratés du numérique.

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