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La guérilla colombienne affirme détenir un légionnaire en pleine santé

La principale dissidence des FARC a revendiqué la capture d’un soldat de la Légion étrangère française. Elle prévient que toute opération de sauvetage…

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La guérilla colombienne affirme détenir un légionnaire en pleine santé

La principale dissidence des FARC a revendiqué la capture d’un soldat de la Légion étrangère française. Elle prévient que toute opération de sauvetage mettrait sa vie en danger.

Le groupe rebelle connu sous le nom d’EMC a annoncé avoir fait prisonnier un caporal colombien servant dans la Légion étrangère française. Selon la guérilla, l’homme se porte bien, a reçu des soins et une nourriture adaptée. Ce militaire en permission circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest de la Colombie, quand il a été intercepté. Il voyageait avec une femme, qui a été libérée quelques heures plus tard.

L’EMC explique avoir vérifié sa qualité de soldat étranger avant de l’arrêter dans une zone rurale où l’armée mène des opérations contre ses combattants. Le groupe considère ce légionnaire comme un prisonnier de guerre et refuse le terme d’enlèvement. Agé d’une trentaine d’années, José Olger Melo Charry était arrivé en Colombie la veille. Il ne possède pas la nationalité française. Son permis de séjour en France métropolitaine ne l’autorisait pas à se rendre en Colombie, précise le ministère français des Armées. La Légion étrangère, corps combattant de l’armée de terre française, réunit environ 9 000 soldats de multiples nationalités.

Ce pays d’Amérique du Sud traverse sa pire crise de violence depuis dix ans. Les groupes armés s’affrontent pour le contrôle du trafic de cocaïne. Le nouveau président, Abelardo de la Espriella, un homme de droite dure, a juré d’écraser les guérillas et les cartels. Des opérations militaires meurtrières ont déjà eu lieu depuis son arrivée au pouvoir. L’EMC, qui a rejeté l’accord de paix de 2016, est dirigé par Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie. Le groupe prévient que le prisonnier sera protégé tant qu’aucune opération hostile ne sera tentée. Il fait porter au président la responsabilité de tout sauvetage militaire qui mettrait la vie du légionnaire en danger. L’armée colombienne a de son côté indiqué qu’elle ne préparait pas d’opération pour le libérer.

La prise d’otages rappelle un passé douloureux. Les FARC, dont l’EMC est une dissidence, ont été reconnues coupables de plus de 21 000 enlèvements en cinquante ans de conflit. Le cas le plus connu reste celui d’Ingrid Betancourt, la Franco-colombienne capturée en 2002 pendant sa campagne présidentielle, puis libérée en 2008 lors d’une opération de l’armée. Cette nouvelle capture montre que la pratique n’a pas disparu et que les guérillas l’utilisent toujours comme moyen de pression.

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