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Le grand oral budgétaire de Sébastien Lecornu sous la menace d’une censure

Les ministres se réunissent pour préparer un budget 2027 semé d’embûches. Entre économie molle, dépenses imposées et opposition prête à bloquer, la tâche…

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Le grand oral budgétaire de Sébastien Lecornu sous la menace d'une censure

Les ministres se réunissent pour préparer un budget 2027 semé d’embûches. Entre économie molle, dépenses imposées et opposition prête à bloquer, la tâche s’annonce ardue.

La journée de lundi s’annonce marathon pour le gouvernement. Le Conseil des ministres se tient d’abord à l’Élysée autour de la rentrée scolaire, puis l’équipe prend la direction des Invalides, au siège du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale. Là, les échanges porteront d’abord sur les cyberattaques qui ont visé le fisc et l’Éducation nationale pendant l’été. Le Premier ministre a demandé une réponse plus ferme de l’administration, et ce lieu choisi à dessein doit marquer les esprits.

Le reste de la réunion, à huis clos et sans téléphone, sera consacré au budget 2027. Les arbitrages s’annoncent douloureux. Déjà 10 milliards d’euros de rallonges ont été promis à la Défense, à l’Intérieur, à la Justice, à l’Éducation, à la Recherche et à l’Écologie. S’ajoutent de possibles prolongations des aides au carburant et du chèque énergie. Et la situation agricole, frappée par les incendies, les canicules et la sécheresse, réclame un plan de sauvetage pour la fin d’année puis un plan de relance.

Le ministre de l’Économie Roland Lescure doit rappeler les mauvaises nouvelles. La croissance reste atone, la prévision annuelle de 0,7% semble hors de portée. Les taux d’intérêt dépassent 4%, ce qui alourdit la charge de la dette. Du coup, le déficit public risque de s’écarter de l’objectif de 5% du PIB. Les marges de manœuvre sont minces. Lecornu a déjà écarté toute coupe dans le logement social et l’apprentissage, et il ne veut pas reconduire la surtaxe sur les grandes entreprises.

Pour redresser les comptes, le locataire de Matignon compte sur des économies dans les dépenses sociales. Il veut une réforme des arrêts maladie, le déremboursement de médicaments anciens et une désindexation des retraites, sauf pour les plus petites pensions. Autant de mesures qui font bondir l’opposition. Jean-Luc Mélenchon promet la censure, Jordan Bardella n’exclut rien. Même du côté des socialistes, Boris Vallaud prévient que le chantage ne fonctionne pas.

Face à ce blocage, Sébastien Lecornu espère convaincre ses adversaires d’accepter un budget de premier semestre, facilement réversible. Sans accord, il prédit un désordre financier gravissime, un scénario que Bercy chiffre à 15 milliards d’euros. Le temps presse, car la loi de finances doit être présentée fin septembre et l’élection présidentielle n’est plus que dans huit mois. L’avenir budgétaire du pays se joue en grande partie dans les prochaines semaines.

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