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À Bichkek, Poutine et l’Iran font face ensemble à la pression américaine
Le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai réunit 17 dirigeants au Kirghizstan. Vladimir Poutine y rencontre son homologue iranien, dans un…


Le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai réunit 17 dirigeants au Kirghizstan. Vladimir Poutine y rencontre son homologue iranien, dans un contexte de reprise des échanges de frappes avec les États-Unis.
Le Kirghizstan, pays montagneux d’Asie centrale, accueille un sommet particulier. Bichkek, sa capitale, reçoit 17 chefs d’État et de gouvernement pour les 25 ans de l’Organisation de coopération de Shanghai. Parmi les têtes d’affiche, Vladimir Poutine doit s’entretenir avec le président iranien Massoud Pezeshkian. Le contexte est tendu, avec la reprise des affrontements entre l’Iran et les États-Unis après un mois d’accalmie. Le dirigeant russe doit aussi discuter avec le Turc Recep Tayyip Erdogan de la guerre en Ukraine, qui dure depuis quatre ans et demi.
L’OCS, poussée par Pékin et Moscou, se présente comme un contrepoids à l’influence occidentale. En marge du sommet, Poutine et le président chinois Xi Jinping ont affiché leur entente. Le Russe a salué une coopération stratégique « modèle » entre les deux pays. Le Chinois a évoqué des perspectives « prometteuses ». Mais sur la guerre en Ukraine, les deux hommes ne sont allés que « superficiellement », selon le porte-parole du Kremlin. Leur vision commune est celle d’un monde multipolaire, débarrassé de ce qu’ils appellent l’hégémonie américaine.
Le sommet se tient dans une période chargée. Plusieurs membres de l’OCS sont en guerre ouverte. La Russie en Ukraine, l’Iran face à une offensive israélo-américaine depuis février. Sans oublier les conflits commerciaux, avec les droits de douane américains sur les produits chinois et indiens. Fin août, Washington a pris des sanctions secondaires contre les partenaires de l’Iran pour asphyxier Téhéran. La Chine, gros importateur de pétrole iranien, prévient qu’elle défendra ses intérêts. Avant l’ouverture du sommet, le président iranien a dit à Narendra Modi que la poursuite de la guerre n’était ni dans son intérêt ni dans celui de la région.
L’OCS compte dix États membres et quinze partenaires de dialogue, dont la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar. Deux États observateurs en font aussi partie, dont l’Afghanistan. Le bloc représente environ 40% de la population mondiale et 25% du PIB de la planète, selon ses propres chiffres. Mais son unité reste fragile. La Russie et la Chine se concurrencent en Asie centrale, et Pékin entretient des relations parfois tendues avec l’Inde et le Pakistan. De quoi tempérer les grandes déclarations de ce 25e anniversaire.
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