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Au Népal, l’intimité perdue des femmes chassées par la crue

Des dizaines de déplacées vivent dans une école sans eau ni toilettes dignes. Entre pénurie et promiscuité, l’hygiène intime devient un combat quotidien

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Au Népal, l'intimité perdue des femmes chassées par la crue

Des dizaines de déplacées vivent dans une école sans eau ni toilettes dignes. Entre pénurie et promiscuité, l’hygiène intime devient un combat quotidien

Elles ont tout perdu en quelques minutes. La crue de la rivière Bhotekoshi a balayé leurs maisons et jeté des milliers de Népalais dans une grande précarité. Dans le district de Nuwakot, une école transformée en centre d’hébergement accueille des dizaines de femmes contraintes de tout recommencer. Chacune patiente pour recevoir un kit d’hygiène personnelle, un besoin simple devenu une denrée précieuse.

Anju Bhujel, 40 ans, est arrivée là avec ses deux enfants. Sa maison a été détruite par la vague d’eau et de débris. Elle décrit des conditions très dures. Il y a trois toilettes pour plus de 400 personnes et aucune n’a l’eau courante. « Il y a de sérieuses préoccupations d’intimité et d’hygiène », confie-t-elle. Une ONG distribue des serviettes hygiéniques, mais personne ne sait comment se débarrasser de celles qui ont été utilisées. « On en trouve qui traînent autour des toilettes », souffle la mère de famille.

Yogita Tamang vit à l’étroit avec toute sa famille, vingt personnes, dans une seule salle de classe. Elle a du mal à retenir ses larmes. « On nous donne des serviettes mais pas de sous-vêtements », dit-elle. « Qu’est-ce que vous voulez faire avec des serviettes si vous n’avez pas de sous-vêtements ? » L’eau potable manque aussi. Les bouteilles distribuées par les ONG n’arrivent pas toujours régulièrement. Dans le camp, l’hygiène intime est devenue un vrai sujet d’angoisse pour les femmes et les filles.

Les autorités et les organisations humanitaires tentent de couvrir les besoins de base comme l’hébergement et l’alimentation. Mais l’ampleur de la catastrophe dépasse les forces en présence. ONU Femmes a estimé que 43 000 femmes et filles ont besoin d’une aide humanitaire immédiate au Népal. La surpopulation des camps inquiète particulièrement les agences onusiennes. Le manque d’intimité peut augmenter les risques de harcèlement et compliquer l’accès des victimes à l’assistance. La fondation Golyan, qui gère le camp au quotidien, promet de nouvelles distributions de sous-vêtements d’ici deux jours, consciente de ne pas pouvoir répondre à toutes les demandes.

Le soutien psychologique est aussi indispensable pour aider les déplacés à retrouver un semblant de vie normale, insiste Abiodun Banire, de l’Unicef. Beaucoup redoutent déjà le moment où les cours reprendront à l’école qui les héberge. « Où va-t-on bien pouvoir aller alors ? » demande Maina Nepal, 50 ans. « On va devoir dormir dans la rue. » La question reste sans réponse.

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