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L’Europe durcit le ton contre les colis low cost venus d’Asie

Shein, Temu et AliExpress vont devoir passer à la caisse. Entre nouvelles taxes et malus sur la mode jetable, le modèle des géants asiatiques est dans le…

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L’Europe durcit le ton contre les colis low cost venus d’Asie

Shein, Temu et AliExpress vont devoir passer à la caisse. Entre nouvelles taxes et malus sur la mode jetable, le modèle des géants asiatiques est dans le viseur.

Depuis leur arrivée massive en Europe, ces plateformes enchaînent les mauvaises nouvelles. Les autorités leur reprochent une pollution colossale et une concurrence déloyale qui met à genoux les fabricants locaux. Leurs petits paquets, souvent vendus à des prix cassés, ont longtemps profité d’une exemption fiscale généreuse. C’est précisément ce privilège que les pouvoirs publics s’emploient à démolir.

Le 1er juillet, une taxe européenne de trois euros est entrée en vigueur sur chaque catégorie de produit expédiée dans ces colis de moins de 150 euros, jusqu’ici totalement libres de droits de douane. L’effet ne s’est pas fait attendre. Les importations ont chuté de 30 à 40% en quelques semaines, un recul salué par le gouvernement français. Mais les industriels du textile ne comptent pas s’arrêter là. Les principales fédérations européennes réclament désormais des frais de traitement pouvant atteindre dix euros par envoi. En 2025, près de 5,9 milliards de petits paquets sont entrés dans l’espace communautaire, dont 93% venaient de Chine. C’est plus de 180 paquets chaque seconde et quatre fois plus qu’en 2022. Pour les fabricants européens, ces volumes sont une machine à détruire les filières locales.

Du côté des professionnels, on martèle que l’objectif n’est pas de fermer les frontières à la Trump. La demande est simple, les règles du jeu doivent être les mêmes pour tous. Ces frais de dix euros ne seraient pas une punition, mais le vrai coût que ce modèle économique fait peser sur les douanes et l’environnement. Les fédérations veulent que l’argent récolté soit directement investi dans le renforcement des contrôles, aujourd’hui sous-dimensionnés. Il s’agit de mieux vérifier la qualité et la conformité de ces millions d’envois qui arrivent chaque jour. L’Union européenne prévoit d’ailleurs de compléter la taxe actuelle avec des frais de traitement dès novembre, pour un montant qui pourrait avoisiner deux euros par colis dans un premier temps.

La France, elle, a déjà mis en place son propre arsenal. Depuis mardi, un malus s’applique sur les vêtements de la mode ultra-éphémère. Pour une veste vendue sur ce type de plateforme, la surtaxe peut grimper jusqu’à 19,50 euros d’ici 2030. L’argent sera versé à l’éco-organisme chargé de la filière textile pour financer des solutions de recyclage et soutenir l’industrie française. Le secteur pèse pourtant lourd. Il emploie directement 198.500 personnes dans l’hexagone, plus que l’aéronautique, le ferroviaire et le naval réunis. À l’échelle européenne, la filière représente 1,2 million d’emplois. Derrière chaque colis qui traverse la frontière, il y a désormais une question simple, à qui l’on donne la possibilité de travailler et de produire durablement.

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