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Au Nicaragua, les opposants ne pourront plus jamais se présenter

L’Assemblée nationale a adopté une réforme constitutionnelle qui écarte les adversaires du pouvoir de tout scrutin. Daniel Ortega renforce son emprise sur…

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Au Nicaragua, les opposants ne pourront plus jamais se présenter

L’Assemblée nationale a adopté une réforme constitutionnelle qui écarte les adversaires du pouvoir de tout scrutin. Daniel Ortega renforce son emprise sur le pays, entre critiques de dictature dynastique et rejet international.

Les adversaires du régime nicaraguayen viennent de perdre tout espoir de revenir par les urnes. Mardi, les députés réunis en session extraordinaire à León ont approuvé à l’unanimité une modification de la Constitution qui les écarte définitivement des élections. Sont visées les personnes impliquées dans des « actes putschistes », une « trahison de la patrie » ou une demande « d’intervention militaire » étrangère.

Cette réforme reste surtout symbolique, car les voix critiques ont déjà disparu du paysage politique. Les uns sont en prison, les autres en exil. Ne subsistent que des formations mineures alignées sur le pouvoir, aux côtés du Front sandiniste de Daniel Ortega. Le président justifie sa décision par la nécessité de protéger le Nicaragua d’une ingérence de Washington, qu’il accuse d’avoir tenté de le renverser lors des manifestations de 2018. Une répression qui avait fait environ 350 morts selon l’ONU.

Ce n’est pas la première fois que les règles du jeu sont modifiées. La Constitution réécrite en 2025 à la demande du couple présidentiel interdisait déjà les partis qui ne partagent pas « la même ligne idéologique » que le Front sandiniste. Elle avait aussi repoussé les législatives de novembre 2026 à novembre 2027. Mardi, la durée du mandat présidentiel est passée à sept ans, après être passée de cinq à six ans l’an dernier.

L’annonce de cette nouvelle réforme avait été faite le 19 juillet, jour anniversaire de la révolution sandiniste, et elle a été accueillie par un large rejet international. Les États-Unis et leurs alliés au sein de l’Organisation des États américains ont demandé des mesures contre le Nicaragua, sans qu’une date de réunion soit fixée. L’opposition en exil réclame des sanctions économiques renforcées. L’Union européenne et Washington imposent déjà des restrictions depuis 2018. Mais les États-Unis restent le principal partenaire commercial du pays, et des crédits continuent d’être accordés par les institutions internationales et le FMI, par crainte d’une catastrophe humanitaire.

Derrière cette manœuvre, les détracteurs de Daniel Ortega voient une volonté de s’accrocher au pouvoir. Le dirigeant, qui doit fêter ses 81 ans en novembre et dont la santé décline, est accusé de vouloir installer une « dictature dynastique ». Sa femme Rosario Murillo, de cinq ans sa cadette, a été nommée coprésidente par la réforme de 2025. Huit de leurs neuf enfants occupent des postes stratégiques dans l’appareil d’État. Depuis la répression de 2018, près d’un million de Nicaraguayens ont pris le chemin de l’exil, et les médias indépendants ont été réduits au silence. En 2021, les principaux candidats de l’opposition avaient été emprisonnés, et environ 500 militants, humanitaires, intellectuels, journalistes ou prêtres ont été visés par des mesures d’exil ou des déchéances de nationalité.

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