Europe
Pourquoi la tapisserie de Bayeux devient le symbole du rapprochement franco-britannique
Emmanuel Macron est à Londres pour inaugurer l’exposition de la toile du XIe siècle et rencontrer le nouveau Premier ministre. Au menu, la preuve d’une…

Emmanuel Macron est à Londres pour inaugurer l’exposition de la toile du XIe siècle et rencontrer le nouveau Premier ministre. Au menu, la preuve d’une amitié ravivée et des sujets qui fâchent.
Le président français a fait le déplacement mercredi au Royaume-Uni avec un objet précieux sous le bras, ou plutôt accroché aux cimaises du British Museum. La célèbre tapisserie de Bayeux, qui raconte la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, y est exposée pour une année entière. C’est la première fois que cette œuvre de 70 mètres est présentée à plat et d’un seul tenant. Emmanuel Macron avait personnellement décidé ce prêt spectaculaire lors de sa visite d’État en juillet 2025, pour montrer la profondeur de la confiance entre Paris et Londres.
Ce voyage n’est pas qu’une affaire de patrimoine. Après un passage aux Pays-Bas dans la matinée pour évoquer la souveraineté technologique européenne, le chef de l’État français doit rencontrer le tout nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham. Ce dernier a remplacé Keir Starmer à la mi-juillet, et il reçoit Emmanuel Macron comme deuxième dirigeant étranger. Une symbolique forte pour un président français qui prépare déjà la fin de son mandat. Son entourage évoque d’ailleurs une possible visite au roi Charles III, sans plus de précisions.
Le contexte politique s’est tendu autour de la coopération migratoire. Londres veut remercier Paris pour les efforts menés ces derniers mois. Andy Burnham a annoncé qu’il saluerait le travail commun qui a permis d’empêcher la traversée de plus de 48 000 personnes par la Manche. Le Royaume-Uni enregistre cet été son plus bas niveau de traversées depuis 2019 grâce à l’accord renouvelé avec la France en avril. De quoi donner des sourires aux deux dirigeants, réputés pour leur aisance devant les caméras. Mais les sujets de fond ne manquent pas, de la défense à l’énergie nucléaire en passant par l’espace.
Reste l’épineuse question des relations entre Londres et l’Union européenne. Paris souhaite que le nouveau Premier ministre britannique poursuive le rapprochement engagé par son prédécesseur, dix ans après le Brexit. Les observateurs y voient une continuité possible, car Andy Burnham veut s’inscrire dans la lignée de Keir Starmer. Pourtant, l’Elysée prévient qu’il ne suffit pas de vouloir se rapprocher. Les Britanniques sont sortis de l’Union et ne peuvent pas piocher dans ses politiques uniquement ce qui les arrange. La France, particulièrement sourcilleuse sur l’agriculture, entend bien garder son exigence. Le nouveau couple franco-britannique devra donc composer avec cette fermeté, même si l’ambiance de cette visite se veut chaleureuse.
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