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Édouard Philippe joue la montre sur les retraites et son camp s’agace

Le candidat Horizons promet une réforme équilibrée mais refuse d’en dévoiler les grandes lignes. Cette stratégie d’attente alimente les critiques de ses…

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Édouard Philippe joue la montre sur les retraites et son camp s’agace

Le candidat Horizons promet une réforme équilibrée mais refuse d’en dévoiler les grandes lignes. Cette stratégie d’attente alimente les critiques de ses adversaires et l’inquiétude de ses propres soutiens.

Lors de la rentrée politique de Gérald Darmanin à Tourcoing, tous les regards étaient tournés vers Édouard Philippe. Le garde des Sceaux vient de lui apporter son soutien et tout le monde pensait que le candidat Horizons allait enfin clarifier sa position sur les retraites. Raté. Il s’est contenté de réaffirmer sa promesse d’une réforme « responsable pour tous et juste pour chacun », sans entrer dans le détail. Sa seule indication, en creux, tient en une phrase. La future loi devra composer avec la réalité démographique et celle des métiers et des carrières. Autrement dit, tout le monde ne sera pas traité sur le même modèle.

L’ancien Premier ministre traîne ce dossier comme un boulet depuis une interview donnée à un magazine économique. À l’époque, il avait évoqué un âge de départ à la retraite compris entre 65 et 67 ans. Depuis, ses adversaires lui collent l’étiquette de l’homme de la retraite à 67 ans et s’en servent comme d’un repoussoir. Même Gérald Darmanin, qui le rejoint pourtant, a pris ses distances en affirmant qu’il était contre ce seuil. Il assure qu’Édouard Philippe n’a pas changé d’avis, mais en attendant, l’ancien Premier ministre laisse planer le doute.

Sa méthode est claire. D’abord imposer une bataille idéologique autour de l’idée que les Français devront travailler plus longtemps. Une fois cette conviction installée, il promet d’ouvrir une vraie discussion avec les partenaires sociaux pour construire la réforme avec eux. Lors de précédents discours, il a déjà esquissé quelques pistes, comme une fusion des régimes actuels en trois piliers, le privé, le public et les indépendants, avec une part de capitalisation collective. Mais il garde précieusement le cœur de son dispositif pour plus tard.

Cette temporisation finit par agacer jusque dans son propre camp. Plusieurs membres de son équipe poussent pour qu’il accélère avant d’être définitivement prisonnier de la caricature. C’est exactement le scénario que redoutent ses proches. Pendant ce temps, Gabriel Attal avance ses pions. Le candidat de Renaissance martèle qu’il ne veut pas d’un débat qui se résumerait à 64, 65, 66 ou 67 ans. Il propose carrément de supprimer l’âge légal de départ pour repenser le système en profondeur.

Reste à savoir si Édouard Philippe tiendra jusqu’au bout de ce long silence. Un de ses proches lâche le mot qui fâche en privé. La réforme des retraites est l’éléphant dans la pièce. Il faudra bien un jour entrer dans le dur, détailler les mesures concrètes et espérer que l’attente n’aura pas laissé le champ libre à ses concurrents pour définir son projet à sa place.

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