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Kaboul justifie l’interdiction totale des manifestations par la loi islamique

L’Afghanistan interdit désormais toute manifestation sur son sol. Le pouvoir taliban assure que cette mesure suit la loi islamique, mais les ONG y voient…

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Kaboul justifie l’interdiction totale des manifestations par la loi islamique

L’Afghanistan interdit désormais toute manifestation sur son sol. Le pouvoir taliban assure que cette mesure suit la loi islamique, mais les ONG y voient une nouvelle étape dans l’élimination de la contestation.

Les rues afghanes ne verront plus de rassemblements de protestation. Fin août, une loi encadrant l’action de la police a officiellement banni toutes les manifestations dans le pays. Le gouvernement a choisi de s’expliquer mercredi à Kaboul par la voix de son porte-parole Zabihullah Mujahid. Pour lui, cette interdiction n’a rien d’arbitraire. Elle serait en accord complet avec la loi islamique et adaptée à la situation afghane.

Le porte-parole a assuré que ce type de règle n’a pas sa place dans les systèmes démocratiques. Les manifestations, selon lui, sont le propre de sociétés qui suivent d’autres lois, la démocratie ou une République. Le régime taliban, lui, applique une lecture ultra-rigoriste de la loi islamique. Mujahid avance qu’une personne mécontente peut toujours s’adresser à plusieurs départements de l’État pour faire entendre sa voix. Il promet que ce circuit permettrait de ne pas perdre de temps et d’éviter le chaos. Une façon de dire que la rue ne doit plus servir d’exutoire.

Reste que les manifestations étaient déjà très rares depuis le retour des talibans au pouvoir il y a un peu plus de cinq ans. La nouvelle loi enfonce pourtant le clou. Human Rights Watch dénonce un pas supplémentaire dans la répression impitoyable de toute dissidence. Amnesty International parle d’une attaque de plus contre les droits humains en Afghanistan et classe l’interdiction des manifestations parmi les mesures les plus choquantes. Pour les organisations de défense des droits, le message est clair. La contestation publique n’a plus aucune place légale dans le pays.

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