Politique
Sciences Po ne veut pas servir de tribune aux candidats
La prestigieuse école pose ses conditions avant la présidentielle. Une personnalité politique n’y sera reçue que si elle accepte le débat et la…


La prestigieuse école pose ses conditions avant la présidentielle. Une personnalité politique n’y sera reçue que si elle accepte le débat et la contradiction.
Sciences Po Paris ne deviendra pas une salle de meeting à l’approche de la présidentielle. Le directeur de l’école, Luis Vassy, l’affirme sans détour. L’institution est un lieu de débats, pas un théâtre où l’on vient dérouler un programme.
Les personnalités politiques ne sont pas interdites pour autant. Elles doivent simplement être invitées par les étudiants et accepter les règles de la maison. Celui qui veut venir doit se prêter à une vraie discussion, avec la possibilité d’être contredit. Ceux qui préfèrent parler sans réponse peuvent chercher une salle municipale, mais pas Sciences Po. Luis Vassy assume ce cadre et le présente comme une protection contre les tentatives de récupération.
La question de Rima Hassan donne un écho immédiat à cette position. L’eurodéputée de La France insoumise pourrait-elle être de nouveau invitée? La réponse est nette, une personnalité qui appelle les étudiants à se soulever n’est pas la bienvenue. En novembre 2024, le Conseil d’État avait d’ailleurs donné raison à l’école après le refus d’une conférence de l’élue. Sciences Po sortait alors de plusieurs semaines de mobilisations propalestiniennes et d’interventions policières.
Depuis la rentrée, le directeur décrit un climat bien plus apaisé. Il parle d’une ambiance extrêmement bonne. Côté disciplinaire, il rappelle que seuls des cas de violences sexistes et sexuelles ou de plagiat ont conduit à une saisine depuis le mouvement « Bloquons tout » de la mi-septembre 2025. Pour l’occupation d’un amphithéâtre au printemps, menée contre la loi Yadan, la direction n’a pas saisi la section disciplinaire. Les étudiants concernés avaient été verbalisés.
Avec ces limites clairement posées, Sciences Po envoie un signal à tous les camps politiques. Les prochains mois vont attirer les candidats vers les grandes écoles, et celle-ci ne veut pas devenir un simple décor. Ceux qui veulent y prendre la parole devront accepter le jeu de la contradiction, rien de moins.
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