Planète
La fonte des glaciers himalayens sonne l’alerte sur notre avenir climatique
La crue dévastatrice dans l’Himalaya ne doit pas être traitée comme un événement isolé. Un expert prévient que la fonte rapide des glaciers rend ce type…


La crue dévastatrice dans l’Himalaya ne doit pas être traitée comme un événement isolé. Un expert prévient que la fonte rapide des glaciers rend ce type de catastrophe plus probable.
Un scientifique spécialiste du climat tire la sonnette d’alarme. La crue survenue dans l’Himalaya agit comme un révélateur. Le changement climatique fait fondre les glaciers du monde entier à une vitesse inédite, et cette perte de masse transforme des montagnes entières en zones instables. Ce n’est pas un phénomène lointain. C’est un risque qui grandit devant nous.
Le détail des causes exactes de cette crue reste encore à établir. En revanche, les grandes tendances sont connues et dérangeantes. Depuis les années 1970, plus de 40% de la masse glaciaire perdue sur la planète l’a été au cours de la dernière décennie. L’eau de fonte s’accumule au pied des glaciers et donne naissance à des lacs qui ne cessent de s’étendre. Si un bloc de glace ou un amas de débris bascule dans l’un de ces lacs, le choc peut provoquer une déferlante soudaine. La déstabilisation du pergélisol rend encore plus difficile la prévision de ces ruptures. Les altitudes extrêmes et les pentes fragiles compliquent tout.
Le scientifique rappelle que le monde s’approche d’un point de bascule. La limite de 1,5 degré de réchauffement, jugée essentielle lors de l’accord de Paris en 2015, sera vraisemblablement dépassée dans les prochaines années. Les vagues de chaleur, les incendies et les inondations observés sur plusieurs continents montrent déjà ce que cette pression signifie. Un épisode El Niño se profile en plus. Les pays ne sont pas prêts. Réduire les émissions de gaz à effet de serre reste la seule manière de ralentir la course du réchauffement. Il faut aussi préparer les populations et les infrastructures à subir des événements plus violents.
Les régions les plus exposées se trouvent là où les glaciers fondent vite. C’est notamment le cas en Amérique du Sud et dans le troisième pôle, ensemble montagneux qui réunit l’Himalaya, le Karakoram et le Pamir. Ces glaciers fournissent de l’eau douce à des milliards de personnes installées en aval. Leur fragilisation ne se limite donc pas à des paysages. Elle menace l’approvisionnement en eau de populations immenses. Le signal vient de l’Himalaya, mais la question concerne toute la planète.
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