Culture
Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur de Cyrano de Bergerac, est mort à Paris à 94 ans
Le cinéaste s’est éteint mardi à Paris. Il laisse une œuvre de huit films, portée par les plus grands acteurs français.


Le cinéaste s’est éteint mardi à Paris. Il laisse une œuvre de huit films, portée par les plus grands acteurs français.
La nouvelle est tombée ce mardi. Jean-Paul Rappeneau est mort à Paris à l’âge de 94 ans, et c’est l’un de ses fils qui l’a annoncé. Avec lui s’en va l’une des figures les plus exigeantes du cinéma français, un homme qui n’a tourné que huit longs-métrages en près de soixante ans de carrière. Chacun de ses films portait sa patte, celle d’un artisan du récit.
Ce n’est pas par hasard s’il a d’abord été scénariste. Il écrit Zazie dans le métro pour Louis Malle, puis passe lui-même à la réalisation en 1966 avec La vie de château. Catherine Deneuve y campe une épouse rongée par l’ennui, Philippe Noiret est à ses côtés. Une première œuvre qui révèle déjà son amour des dialogues soignés et des personnages complexes.
Les succès s’enchaînent dans les années 1970 et au début des années 1980. En 1971, Les Mariés de l’an II réunit Jean-Paul Belmondo et Marlène Jobert. En 1975, il met en scène Le Sauvage avec Yves Montand. En 1981, Tout feu tout flamme associe Montand et Isabelle Adjani. Rappeneau s’impose comme un créateur de succès populaires, mais il refuse de s’emballer. Il le disait sans détour, un film tous les cinq ou six ans lui suffisait. Pourquoi enchaîner les projets, demandait-il, sauf pour gagner de l’argent ?
Sa consécration arrive en 1990 avec Cyrano de Bergerac. Après une éclipse de près de dix ans, il relève le défi d’adapter la pièce d’Edmond Rostand, aidé par l’écrivain Emmanuel Carrère. Le pari était de ne pas se contenter de filmer une pièce de théâtre, mais de faire vivre des personnages qui s’expriment en vers. Gérard Depardieu, immense dans le rôle-titre, marque les esprits. Le film décroche dix César, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.
En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires sous le titre Vive allure. Il y racontait son rapport singulier au métier, parlant d’un cinéaste comme d’un naufragé qui attend le prochain voyage dès qu’un film se termine. Ce voyage-là n’aura pas lieu. Mais les films qu’il a laissés derrière lui continueront de faire rêver.
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