Culture
À Venise, la Mostra s’éloigne d’Hollywood et se confronte au réel
George Clooney vient chercher son Lion d’or, mais les studios ont déserté le Lido. Les films indépendants et les documentaires politiques sont les vrais…

George Clooney vient chercher son Lion d’or, mais les studios ont déserté le Lido. Les films indépendants et les documentaires politiques sont les vrais maîtres de cette édition.
Le Lido s’offre une jolie dose de paillettes avec George Clooney, venu recevoir un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière. Mais cette 83e édition de la Mostra de Venise est surtout celle du cinéma indépendant. Les grandes machines venues d’Hollywood se font rares. Robert Pattinson est, avec Clooney, l’un des rares visages très connus de la sélection. Il jouera un présentateur télé sans scrupules dans « Primetime ». Les studios ont déserté le Lido, une désaffection que Cannes et Berlin connaissent aussi. La Mostra garde pourtant son statut de rampe de lancement vers les Oscars, en misant sur des films d’auteur et des budgets plus modestes.
La sélection ne fuit pas les tensions du monde. Quatre films abordent la question palestinienne et la situation en Iran, un choix assumé par le directeur artistique du festival. Le seul documentaire en compétition officielle, « Naza », est signé par les Israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor. Le duo y détaille les systèmes qui ont permis des massacres de civils palestiniens à Gaza. Il a déjà remporté un Oscar pour « No Other Land », consacré au déplacement d’une communauté palestinienne en Cisjordanie. Rachel Szor est l’une des deux seules femmes réalisatrices en compétition. Hors compétition, « Citizen Osama » et « Road to Jericho » d’Amos Gitai prolongent ce regard.
Les figures charismatiques ne manquent pas non plus. « Ink » ouvre le bal en retraçant l’ascension impitoyable de Rupert Murdoch dans les médias britanniques, sous la direction du réalisateur de « Trainspotting ». En course pour le Lion d’or, Werner Herzog filme les sœurs Rooney et Kate Mara, Casey Affleck présente « Company » et Martin McDonagh met en scène John Malkovich et Sam Rockwell en agents de la CIA dans « Wild Horse Nine ». Hors compétition, un documentaire revient sur la tournée de retour d’Oasis avec les frères Liam et Noel Gallagher. Alex Gibney consacre, lui, 3 heures 45 à Elon Musk, un film que le milliardaire décrit comme une œuvre à charge. L’actrice Ellen Burstyn sera elle aussi mise à l’honneur pour une carrière longue de six décennies.
Le cinéma français occupe une place de choix, avec quatre longs-métrages en compétition. Florian Zeller présente « Bunker », un thriller qui réunit le couple espagnol Javier Bardem et Penélope Cruz. Le film suit un architecte chargé de bâtir un bunker de survie pour un milliardaire de la tech, une plongée dans les peurs contemporaines. Cédric Kahn propose « 15/18 », une immersion dans une unité de soins pédopsychiatriques. Nicolas Pariser vient défendre « Un peu avant minuit » avec Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni et Golshifteh Farahani. Stéphane Brizé et Vincent Lindon œuvrent de nouveau ensemble dans « Un bon petit soldat », une radiographie du capitalisme et de ses travers. L’Italie est elle aussi en force avec cinq longs-métrages en lice, dont le retour de Nanni Moretti avec Louis Garrel et le nouveau film d’Andrea Pallaoro avec Susan Sarandon, la star de Thelma et Louise.
À lire aussi

PlanèteEn Ligne 6 joursSable du Sahara et canicule, la Corse étouffe sous les particules fines
PolitiqueEn Ligne 6 joursRoland-Garros se transforme en ring politique pour les prétendants à l’Élysée
ÉconomieEn Ligne 3 joursLe durian chasse le café des hauts plateaux vietnamiens
SportsEn Ligne 4 joursLe promu Troyes s’envole, Angers s’illumine, Auxerre s’enlise
PolitiqueEn Ligne 5 jours« Je voterai très à droite » les électeurs de Bruno Retailleau le somment de rester candidat
SportsEn Ligne 6 joursSurprise sur le bassin d’Amsterdam, l’aviron français prend le bronze
MondeEn Ligne 7 joursPlus de 160 morts après une coulée de boue géante entre le Népal et la Chine
PolitiqueEn Ligne 6 joursL’économie s’invite en arbitre du premier débat
















