Économie
Bourses sous pression, les investisseurs regardent l’Iran, les taux et le pétrole
Wall Street et l’Europe risquent de rater leur rentrée. La hausse des rendements obligataires et du brut, sur fond de reprise des hostilités entre les…

Wall Street et l’Europe risquent de rater leur rentrée. La hausse des rendements obligataires et du brut, sur fond de reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, refroidit les marchés.
Les Bourses européennes sont dans le rouge à mi-séance, et Wall Street s’apprête à suivre le mouvement. Le CAC 40 perd 0,75%, le Dax allemand recule de 0,77% et le FTSE londonien fléchit de 0,58%. Les contrats à terme new-yorkais signalent eux aussi une ouverture en repli, avec le Dow Jones attendu en baisse de 0,13% et le Nasdaq de 0,54%. La prudence domine, et pour cause, les tensions géopolitiques sont revenues au premier plan.
Les États-Unis et l’Iran ont en effet repris leurs échanges de tirs, après plusieurs semaines d’accalmie. Ce contexte pèse sur un marché déjà fragilisé par la remontée des rendements obligataires. Les craintes inflationnistes, alimentées par la flambée du pétrole, et les inquiétudes budgétaires font grimper les taux. Résultat, les actions paraissent moins attractives. Le mois de septembre n’arrange rien, lui qui est traditionnellement difficile pour la Bourse, avec une performance moyenne négative pour l’indice S&P 500 depuis 1926.
Les opérateurs surveillent aussi de près les banques centrales. La Banque centrale européenne se réunit la semaine prochaine et la Réserve fédérale américaine dans la foulée. Des hausses de taux sont largement anticipées des deux côtés de l’Atlantique, ce qui tend encore un peu plus le marché obligataire. Aux États-Unis, le rendement du Trésor à dix ans a atteint son plus haut niveau depuis près de trois ans. En zone euro, le Bund allemand et l’OAT française sont également sous pression, les investisseurs réclamant des primes plus élevées pour détenir de la dette publique.
Dans ce climat morose, certaines valeurs tirent pourtant leur épingle du jeu. Dell Technologies bondit de près de 10% en avant-Bourse, après avoir relevé ses prévisions annuelles grâce à la forte demande pour ses serveurs d’intelligence artificielle. En Europe, le secteur bancaire profite de la hausse des taux, qui améliore les marges des établissements. Les groupes pétroliers et gaziers avancent aussi dans le sillage de la montée du brut. À l’inverse, le distributeur Lottomatica chute lourdement après l’annonce d’un projet de rachat de l’espagnol Cirsa, tandis que Volkswagen est pénalisé par son remplacement au sein de l’indice Euro Stoxx 50.
Côté changes, le dollar confirme sa vigueur. L’euro est retombé à son plus bas niveau depuis le 20 août et certains économistes jugent que la monnaie unique pourrait encore s’affaiblir d’ici la fin de l’année. Le pétrole, lui, poursuit son ascension, avec un Brent qui évolue autour de 95 dollars le baril. Les marchés évaluent les risques de perturbation de l’approvisionnement au Moyen-Orient, tout en notant que le brut continue d’arriver sur le marché. Une rentrée sous tension, en somme, où chaque indicateur économique sera scruté à la loupe.
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