Économie
La banque centrale canadienne fige ses taux et prend son temps face aux droits de douane
Le taux directeur reste à 2,25 %, malgré une inflation plus menaçante et une croissance bien plus imprévisible. La banque centrale choisit d’attendre…


Le taux directeur reste à 2,25 %, malgré une inflation plus menaçante et une croissance bien plus imprévisible. La banque centrale choisit d’attendre avant de toucher au coût du crédit.
La banque centrale canadienne a décidé de ne pas bouger. Son taux directeur reste fixé à 2,25 %, une option que les marchés avaient largement anticipée. Pourtant, le discours s’est tendu. L’institution indique que les risques autour de l’inflation ont augmenté et que les nouveaux droits de douane américains assombrissent un peu plus les perspectives de croissance.
Ce taux est en place depuis presque un an. Pendant ce laps de temps, les relations commerciales entre Ottawa et Washington se sont dégradées, mais l’économie et l’emploi ont plutôt bien résisté. La croissance a même rebondi au deuxième trimestre, à un rythme annualisé de 3,3 %. Les dernières taxes américaines de 50 % sur certaines importations canadiennes sont quant à elles entrées en vigueur juste après la publication de ces chiffres. Une mauvaise nouvelle de plus pour le moral des entreprises et des ménages, selon les économistes.
Le Canada ne reste pas les bras croisés. Ses mesures de rétorsion doivent entrer en vigueur la semaine prochaine. Mais ces représailles ont un revers. Elles pourraient accentuer les pressions sur les prix. La banque centrale le reconnaît elle-même. Les droits de douane américains et les contre-mesures canadiennes vont renchérir les coûts de certaines entreprises, et ces hausses pourraient finir par se répercuter sur ce que paient les consommateurs.
Le résultat, c’est une équation à double sens. D’un côté, les droits de douane américains menacent de casser la dynamique de croissance. De l’autre, les représailles canadiennes, calibrées pour répondre coup pour coup, pourraient faire monter les prix à l’intérieur du pays. Face à ce casse-tête, la banque centrale garde le statu quo. Les économistes y voient une façon de préserver sa liberté de manœuvre, le temps d’évaluer l’effet réel des taxes sur l’économie avant d’orienter ses prochaines décisions.
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