Faits Divers
Il avait appelé à « faire la peau » aux écologistes, le patron de la Coordination rurale s’explique à la barre
Bertrand Venteau, à la tête du deuxième syndicat agricole français, a comparu jeudi pour ses propos tenus lors du congrès de la Coordination rurale. Ses…

Bertrand Venteau, à la tête du deuxième syndicat agricole français, a comparu jeudi pour ses propos tenus lors du congrès de la Coordination rurale. Ses explications n’ont pas suffi à dissiper les doutes du tribunal, qui rendra sa décision le 15 octobre.
Le 19 novembre 2025, Bertrand Venteau prenait les rênes de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole du pays. Dans son discours d’accession, il avait électrisé la salle. Au sujet des écologistes et des partisans de la décroissance, il avait lâché qu’ils voulaient « nous crever », avant d’appeler à « leur faire la peau ».
Ces mots ont rapidement dépassé le cercle des militants. Les associations France Nature Environnement et Génération Future se sont constituées parties civiles, et le dirigeant syndical a été poursuivi pour provocation publique et directe non suivie d’effet à la commission d’un crime ou d’un délit.
À la barre, Bertrand Venteau a campé sur sa position. Sa défense a évoqué un cadre privé, ce qui a fait réagir le président du tribunal, puisque des participants au congrès avaient entendu la déclaration et qu’une vidéo de la scène a été diffusée à l’audience. Lui-même assure n’avoir vu aucune caméra ce jour-là et renvoie son appel au « débat d’idées ».
Le parquet n’a pas été convaincu. Le procureur a dénoncé un « discours de haine », estimant que le syndicaliste savait parfaitement qu’il serait filmé et que ses paroles seraient rendues publiques. Il a requis une amende de 30 000 euros avec sursis. De son côté, la défense a plaidé la relaxe en voyant dans l’expression une simple « métaphore ». L’avocate a aussi avancé l’idée d’un traitement à deux vitesses, évoquant l’affaire Lyhanna, suivie par le même parquet avec une lenteur qui contraste, avant d’être interrompue par le tribunal.
Dehors, le procès a attiré les troupes. Plus de deux cents membres de la Coordination rurale s’étaient rassemblés, encadrés par les CRS. L’ambiance, d’abord bon enfant, s’est gâtée à l’arrivée d’une quinzaine d’écologistes et de membres de la Confédération paysanne, qui ont été accueillis par des huées, des jets d’œufs et des pétards. Le tribunal a mis sa décision en délibéré. Elle tombera le 15 octobre.
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