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209 milliards de dollars pour le Venezuela, mais à quel prix pour sa démocratie ?
La cheffe de l’opposition vénézuélienne réagit avec méfiance à l’accord pétrolier géant signé avec les États-Unis. Elle réclame un gouvernement élu par le…


La cheffe de l’opposition vénézuélienne réagit avec méfiance à l’accord pétrolier géant signé avec les États-Unis. Elle réclame un gouvernement élu par le peuple, pas seulement des promesses d’investissements.
Un accord pétrolier d’une ampleur rare a été scellé entre Washington et Caracas. Les États-Unis vont devenir l’actionnaire majoritaire de réserves dépassant les 65 milliards de barils. Cela représente environ un cinquième du potentiel pétrolier du Venezuela. De son côté, le gouvernement vénézuélien espère empocher 209 milliards de dollars sur vingt-cinq ans. Dans la foulée, des contrats ont été conclus avec les compagnies Chevron et Eni pour étendre leurs activités sur place. GE Vernova a également été appelé à la rescousse pour redresser le secteur électrique.
Maria Corina Machado ne partage pas l’enthousiasme général. La cheffe de l’opposition, Prix Nobel de la paix et exilée au Panama, surveille cet accord de loin. Sur les réseaux sociaux, elle prévient que le pétrole ne représente qu’une petite partie de la reconstruction nationale. Selon elle, les besoins sont immenses et l’argent ne suffira pas. Le Venezuela ne pourra pas se développer sans institutions solides ni sans un gouvernement élu par son peuple. Voilà, dit-elle, la seule garantie sérieuse pour des investissements de cette envergure.
La dirigeante s’interroge aussi sur ce qui se cache derrière ce grand marchandage. Elle demande qui signe vraiment, qui apporte les fonds et qui fournit les garanties. Elle rappelle que les richesses du sous-sol n’appartiennent pas à un régime illégitime mais au peuple vénézuélien. Les États-Unis restent, à ses yeux, le partenaire principal dont le pays a besoin pour exploiter sa valeur stratégique. Pourtant, elle les met en garde. Les véritables ennemis des Américains se trouvent aujourd’hui au palais de Miraflores, pas dans l’opposition. Un tel partenariat exige une transparence totale, une légalité irréprochable et de l’efficacité. Cela suppose aussi un gouvernement sérieux et démocratique.
L’accord a été négocié par Delcy Rodriguez, devenue présidente par intérim après la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine. Elle a réformé les lois sur le pétrole et les mines pour ouvrir ces secteurs aux capitaux étrangers. Donald Trump se déclare satisfait de son travail. En revanche, il estime toujours que le Venezuela n’est pas prêt pour des élections. Washington pilote des discussions entre le pouvoir et une partie de l’opposition. Une première session avait abouti à une promesse de réforme judiciaire. La suivante doit se tenir dans une dizaine de jours.
Maria Corina Machado n’a pas été conviée à ces négociations. Elle assure qu’elle ne les bloquera pas. Plusieurs observateurs pensent pourtant qu’un veto américain l’empêche de rentrer chez elle, même si elle affirme vouloir revenir bientôt. Côté opposition, la légitimité de Dinorah Figuera, qui mène la délégation, est contestée. Une source proche de la délégation assure que cette dernière reconnaît Maria Corina Machado comme la véritable voix des Vénézuéliens. Pendant ce temps, Nicolas Maduro est incarcéré à New York, poursuivi pour trafic de drogue. Il invoque son immunité de chef d’État étranger pour faire rejeter les charges qui pèsent contre lui.
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