Société
La patronne de Radio France assume la polémique et ne cède pas aux syndicats
Sibyle Veil défend la venue de Valeurs actuelles sur France Inter et tient tête aux équipes qui réclament son retrait. La grève menace, la direction…

Sibyle Veil défend la venue de Valeurs actuelles sur France Inter et tient tête aux équipes qui réclament son retrait. La grève menace, la direction assume.
Sibyle Veil ne rentre pas dans le rang. À l’occasion de la conférence de presse de rentrée du groupe public, la présidente de Radio France a répondu aux critiques déclenchées par l’arrivée de Charles Sapin, journaliste de Valeurs actuelles, sur une antenne de France Inter. Elle dit comprendre les réactions et l’émotion sincère du personnel, puisque le service public appartient à tout le monde. Mais elle refuse de transformer cette émotion en victoire sur la liberté d’inviter qui elle veut.
Pour elle, le service public n’est ni un champ de bataille ni un terrain neutre et aseptisé. C’est une maison ouverte, indépendante et impartiale, où doivent se croiser des gens qui ne pensent pas la même chose. Elle l’a dit sans détour. Elle a aussi rappelé que plusieurs voix très à gauche ou critiques, de Sophia Aram à Charline Vanhoenacker, ont déjà suscité des demandes de déprogrammation. Diriger un groupe de radio ne se fait pas en cochant des noms sur une liste, a-t-elle fait valoir.
La tension reste pourtant très vive en interne. France Inter, première radio du pays en audience, voit ses équipes monter au créneau. L’intersyndicale a déposé un préavis de grève pour le week-end des 13 et 14 septembre, avec une demande claire. Le retrait de la chronique hebdomadaire confiée au nouveau venu. Une motion adoptée à l’unanimité parle d’un refus catégorique, jugeant les valeurs du magazine incompatibles avec celles de Radio France. Des salariés ont distribué ce texte devant la conférence de presse, et des auditeurs sont appelés à se rassembler le jour de la chronique décriée.
La direction tente d’éteindre l’incendie en interne. Céline Pigalle, patronne de France Inter, a de nouveau rencontré les équipes pour expliquer que ce recrutement vise à animer la conversation nationale en cette année de campagne présidentielle. Le directeur éditorial de Radio France, Vincent Meslet, a envoyé un message aux salariés. Il assure que des conséquences seraient tirées immédiatement si Valeurs actuelles retournait à ses démons. Personne n’est condamné avant d’avoir parlé, mais rien ne sera laissé passer ensuite.
Ce qui heurte, c’est le passé du magazine. Valeurs actuelles se revendique conservateur et a déjà été condamné plusieurs fois en justice. En 2021, il avait représenté Danièle Obono, députée de La France insoumise à la peau noire, comme une esclave. Une image qui avait provoqué une immense vague d’indignation. C’est dans ce climat que Radio France choisit de défendre le pluralisme. Une ligne forte, assumée, mais qui va continuer d’alimenter le débat jusqu’à l’antenne.
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