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Un milliard d’euros pour sortir les fermes françaises du gouffre après un été caniculaire

Les récoltes ont fondu, les animaux manquent de nourriture et les fermes vacillent. L’État débloque une enveloppe d’un milliard d’euros pour éviter les…

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Un milliard d’euros pour sortir les fermes françaises du gouffre après un été caniculaire

Les récoltes ont fondu, les animaux manquent de nourriture et les fermes vacillent. L’État débloque une enveloppe d’un milliard d’euros pour éviter les faillites et préparer l’avenir

Après des semaines de températures extrêmes, d’incendies et de terre craquelée, le monde agricole panse ses plaies. Les chiffres donnent le vertige. Dans plusieurs productions végétales, les rendements chutent de 50 à 80 %. Les élevages, eux, courent après le fourrage et la volaille n’est pas épargnée. Ce tableau très sombre pousse le gouvernement à ouvrir son porte-monnaie. Un milliard d’euros vient d’être promis, avec une double priorité. D’un côté, indemniser rapidement les exploitants pour empêcher les dépôts de bilan. De l’autre, permettre aux champs et aux étables de continuer à vivre pour ne pas céder des parts de marché ni fragiliser la souveraineté alimentaire du pays.

La somme se répartit entre plusieurs outils. Le premier est l’indemnisation de solidarité nationale, le dispositif de l’État pour compenser les récoltes perdues à cause d’un aléa climatique exceptionnel. Le gouvernement y consacre 520 millions d’euros et promet d’accélérer les versements. À côté, 30 millions sont prévus pour les cultures permanentes et les vignes, moins faciles à assurer. Les exploitations les plus touchées pourront aussi être dégrevées de leur taxe foncière sur les propriétés non bâties, une économie évaluée à 330 millions. Le plan intègre enfin un fonds de soutien de 235 millions, piloté par les préfets, pour acheter du fourrage, semer les prochaines récoltes ou réparer les dégâts du feu.

Ce paquet ne s’arrête pas là. Le gouvernement a prévu 20 millions pour soulager les cotisations sociales des agriculteurs et veut renforcer l’accompagnement social et psychologique, signe que la détresse dépasse les seuls chiffres de production. Les préfets doivent maintenant consulter les organisations professionnelles pour définir qui recevra quoi. Le calendrier est serré car l’hiver approche et les décisions doivent être prises sans attendre. Le chef du gouvernement a déjà prévenu qu’il faudra trouver des économies ailleurs pour financer cette facture, dans un budget déjà tendu. Autrement dit, l’effort de solidarité est réel, mais la partie est loin d’être gagnée.

Côté terrain, l’argent est attendu comme une bouée, mais les syndicats disent que la note est plus salée. Les associations d’éleveurs de la FNSEA chiffrent à plus de 5 milliards le seul surcoût du manque de fourrage. La Confédération paysanne réclame une aide directe de 5 000 euros par agriculteur, ce qui représenterait deux milliards, pour empêcher les fermes de mettre la clé sous la porte. Les Jeunes agriculteurs poussent plus loin avec une contribution générale sur l’impôt, sur le modèle de l’impôt sécheresse de 1976, pour financer des investissements durables. Autant de demandes qui dépassent le milliard annoncé et qui montrent la pression qui pèse sur l’exécutif.

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