Faits Divers
Des familles attaquent la mairie de Paris sur les violences sexuelles dans le périscolaire
Des familles affirment que leurs enfants ont subi des violences sexuelles dans le périscolaire. Elles portent plainte contre la Ville de Paris et…


Des familles affirment que leurs enfants ont subi des violences sexuelles dans le périscolaire. Elles portent plainte contre la Ville de Paris et plusieurs de ses responsables pour répondre de ce qu’ils savaient.
Une quinzaine de familles affirment que leurs enfants ont été victimes de violences ou d’atteintes sexuelles dans le périscolaire, le temps d’accueil et d’activités qui entoure l’école. Scolarisés dans les 9e, 11e et 15e arrondissements de Paris, les enfants concernés étaient parfois âgés de deux à quatre ans. Les familles, réunies autour du collectif MeTooEcole, annoncent une plainte contre la Ville de Paris, le maire actuel Emmanuel Grégoire, l’ancienne maire Anne Hidalgo et plusieurs responsables ayant occupé des postes clés. Leur demande est simple. Elles veulent que la justice dise qui savait, et depuis quand.
La plainte décrit ce que les parents appellent un système de silence installé depuis plus de dix ans. Selon eux, les premiers dossiers remontent à plus d’une décennie. Un rapport de l’Inspection générale de la Ville daté de 2015 avait déjà repéré la situation à risque et formulé cinquante recommandations, restées sans suite. Les avocats des familles avancent plusieurs infractions, dont la mise en danger délibérée d’autrui, la non-assistance à personne en danger et la non-dénonciation d’infractions commises sur des mineurs.
Les chiffres cités donnent l’ampleur du problème. Vingt animateurs ont été suspendus en 2025 pour des faits à caractère sexuel, puis cinquante-deux depuis le début de l’année 2026. Selon les plaignants, cela montre que la connaissance des violences remontait au plus haut niveau de la municipalité. Emmanuel Grégoire est visé à double titre. Il est maire de Paris aujourd’hui, mais il a aussi été premier adjoint d’Anne Hidalgo de 2018 à 2024. Patrick Bloche, longtemps en charge des affaires scolaires puis premier adjoint jusqu’en 2026, est également dans la ligne de mire.
Côté Ville, la réponse est prudente. L’entourage d’Emmanuel Grégoire indique qu’il prend acte de la plainte et se tient à disposition de la justice. Le maire affirme avoir fait de la protection des enfants une priorité absolue. Un plan de vingt millions d’euros a été annoncé contre les violences sexuelles dans le périscolaire. Depuis janvier, 132 animateurs ont été suspendus à Paris, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Plus de 200 enquêtes pénales sont en cours dans les écoles et les crèches de la capitale.
Anne Hidalgo ne découvre pas ce terrain. Elle et Patrick Bloche étaient déjà visés par des plaintes déposées fin août autour d’une école du VIIe arrondissement. La défense de l’ancienne maire réfute toute défaillance. Son avocat estime qu’on ne peut pas l’imaginer avoir voulu protéger des prédateurs sexuels. Une vingtaine d’élus de droite et du centre, avec la maire du VIIe arrondissement Rachida Dati, ont aussi saisi le parquet. Des élus de La France insoumise ont suivi le mouvement. Les trois responsables doivent par ailleurs être entendus à la mi-septembre par une commission d’enquête du Sénat sur les violences dans le périscolaire.
Les familles, elles, saluent les mesures annoncées mais veulent plus que des mots. Elles demandent que les dispositifs soient vraiment contrôlés sur le terrain. Derrière la procédure judiciaire, une question demeure. Pourquoi a-t-il fallu autant d’années et autant de rapports pour que ces alertes soient enfin prises au sérieux ?
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