Politique
Marine Tondelier veut que le mensonge en politique soit puni d’inéligibilité
La candidate écologiste à la présidentielle veut faire adopter une loi qui s’inspire du modèle gallois. Son objectif est de rendre inéligibles les auteurs…


La candidate écologiste à la présidentielle veut faire adopter une loi qui s’inspire du modèle gallois. Son objectif est de rendre inéligibles les auteurs de mensonges volontaires en politique.
Dans une note publiée sur son blog, Marine Tondelier a mis une idée sur la table. Candidate écologiste à l’élection présidentielle, elle veut que la France se dote d’un arsenal législatif capable de protéger le débat public. Sa proposition, c’est une loi qui frappe directement la carrière politique. Quiconque ment de façon délibérée pourrait être déclaré inéligible.
Ce projet ne couvre pas toutes les maladresses. Une erreur, même grossière, ne suffira pas. Une imprécision non plus. Pour que la sanction s’applique, il faut un mensonge factuel et volontaire. L’auteur doit avoir conscience de la fausseté de ses dires, ou au minimum ne pas pouvoir l’ignorer. Il doit aussi avoir l’intention de tromper. Marine Tondelier le rappelle au passage. La liberté d’expression ne donne pas le droit de dire n’importe quoi en connaissance de cause. Elle ajoute une pointe d’ironie pour ceux qui se croiraient visés. Un candidat qui ignore le prix de la baguette ou du pain au chocolat ne sera pas poursuivi. Un autre qui change d’avis, ou qui aimerait faire oublier son passage à Matignon, pas davantage. C’est lâche, reconnaît-elle, mais ce n’est pas un mensonge punissable. Le seul juge, pour ces cas-là, reste l’électeur. Sa tirade vise particulièrement Édouard Philippe et Gabriel Attal.
Pour justifier cette offensive, elle prend appui sur un aveu troublant. Le sénateur Vincent Louault a reconnu, lors d’une émission télévisée, avoir fabriqué une fausse information pendant les débats sur l’acétamipride, un insecticide utilisé en agriculture. Sa justification était sans détour. Les gens comprennent mieux les messages simples, même quand ils sont faux. Marine Tondelier en tire une conclusion. Les mensonges assumés ne doivent plus rester sans conséquence. Elle regarde vers le Pays de Galles, où le Parlement a déjà adopté un texte interdisant les mensonges des candidats lors des scrutins législatifs. La loi galloise ne s’appliquera pas avant 2030. Elle prévoit tout de même un mécanisme qui permet la révocation d’un élu. Un dispositif que la candidate juge transposable en France.
Elle voit plus large encore. Selon elle, la droite et l’extrême droite utilisent délibérément la désinformation pour progresser partout dans le monde. Face à cette stratégie, une réponse politique traditionnelle ne suffit pas. La crainte d’une sanction immédiate pourrait freiner les ardeurs. Reste à résoudre une question épineuse. Comment prouver qu’un politique avait conscience de mentir ? Qui décidera qu’un propos est une tromperie et pas une conviction erronée ? Les débats autour de cette future loi, si elle voit le jour, promettent d’être nourris. Marine Tondelier, elle, a déjà choisi son camp. La vérité dans le débat public ne lui semble pas négociable.
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