Monde
Le Royaume-Uni campe sur les Malouines face à une Argentine qui sent le vent tourner
Javier Milei lance une offensive diplomatique pour récupérer l’archipel. Londres répond que les Malouines resteront britanniques tant que leurs habitants…


Javier Milei lance une offensive diplomatique pour récupérer l’archipel. Londres répond que les Malouines resteront britanniques tant que leurs habitants le voudront.
Londres a répondu sans détour aux espoirs de Buenos Aires. Wes Streeting, ministre de la Défense, a répété sur le réseau social X que les Malouines appartiennent au Royaume-Uni parce que leurs habitants l’ont choisi. Le chef de la diplomatie, Ed Miliband, a renchéri. L’engagement britannique est total et il ne bougera pas. Le message ne laisse guère de place au doute.
Le président argentin Javier Milei a donné le ton lors d’une allocution télévisée. Selon lui, des vents favorables soufflent enfin sur la revendication historique de son pays. Il pense à Donald Trump. Le président américain, son allié idéologique, n’a pas écarté l’idée de revoir la position de neutralité des États-Unis sur ce dossier. Jusqu’ici, Washington admet que les îles sont administrées par Londres, mais évite de se prononcer sur la souveraineté. Interrogé, Trump a dit qu’il passait toutes les positions en revue, y compris celle-là. Il a même refusé de garantir un soutien militaire au Royaume-Uni si l’Argentine relançait un conflit. Une brèche dans laquelle Buenos Aires veut s’engouffrer.
Ce dossier n’a rien de théorique. Situé à 600 kilomètres des côtes argentines, l’archipel est administré par le Royaume-Uni depuis 1833, ce que Buenos Aires qualifie d’occupation. En 1982, les deux pays se sont fait la guerre pendant 74 jours. L’affrontement a fait 649 morts argentins et 255 britanniques. En 1965, l’ONU avait reconnu l’existence d’un différend et appelé à une issue pacifique. Les positions n’ont jamais bougé depuis.
Le pétrole vient compliquer l’équation. Rockhopper, entreprise britannique, et Navitas Petroleum, société israélienne, développent un projet d’extraction au large de l’archipel. Buenos Aires promet des sanctions durcies contre toute opération qu’il juge non autorisée. Des anciens combattants et des militants écologistes ont aussi porté l’affaire devant la justice pour tenter de bloquer le chantier. Les deux entreprises assurent que leurs licences sont en règle et que les annonces de l’Argentine ne modifient pas leur calendrier. L’action de Rockhopper a tout de même perdu environ 7% à la Bourse de Londres, avant de se ressaisir.
Milei joue en réalité une carte bien plus profonde. La cause des Malouines transcende la politique en Argentine. Le slogan « Malvinas Argentinas » est inscrit dans la Constitution, peint sur les murs, présent dans les manuels scolaires et jusque sur des tatouages. Pour le chef de l’État, les quelque 3500 habitants actuels de l’archipel ne disposent pas d’un droit légitime à l’autodétermination. Ils vivent, dit-il, sur un territoire usurpé. Il jure d’employer tous les moyens diplomatiques, économiques et judiciaires de l’État pour défendre la souveraineté nationale. Le tout intervient alors que sa cote de popularité est en baisse depuis plusieurs mois.
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