Société
Marionnaud face à la reprise, les salariés baissent le rideau
Un appel à la grève secoue l’enseigne de parfumerie, à quelques jours d’une décision cruciale pour ses 2 400 employés.

Un appel à la grève secoue l’enseigne de parfumerie, à quelques jours d’une décision cruciale pour ses 2 400 employés.
Quatre organisations syndicales de Marionnaud ont lancé un appel à la grève samedi. Elles demandent aux salariés de ne pas ouvrir leur boutique pour peser sur le projet de reprise de l’enseigne. L’opération est portée par David Konckier, le principal actionnaire du groupe Bogart, maison mère de marques comme Jacques Bogart, Ted Lapidus et Carven. C’est le conglomérat hongkongais CK Hutchison, actuel propriétaire, qui veut céder le réseau depuis l’été.
Les syndicats estiment que ce projet n’apporte pas les garanties nécessaires sur l’avenir des emplois et des avantages sociaux. « Les salariés Marionnaud ne sont pas une variable d’ajustement », préviennent-ils. Derrière ce mot d’ordre, la mobilisation se veut visible. Selon l’UNSA, quatorze boutiques sur vingt resteraient fermées à Lyon. À Toulouse, trois magasins sur cinq seraient touchés. Des fermetures sont aussi annoncées à Paris, Marseille, Limoges, Fécamp, Nancy et Auxerre. Parfois le mouvement ne dure qu’une heure ou deux, parfois toute l’après-midi, selon ce que peuvent se permettre les équipes.
Les revendications sont précises. Les syndicats veulent des engagements écrits sur la conservation des postes, la pérennité du réseau de boutiques, les modalités d’un éventuel départ et la préservation des acquis sociaux. Le nouveau repreneur, lui, a déjà indiqué qu’il ne pourrait verser que le minimum prévu par la loi pour les indemnités de départ si des magasins ferment. Autre sujet brûlant, la prime liée aux objectifs de vente, qui pouvait grimper jusqu’à un quatorzième mois pour certaines salariées, serait suspendue depuis juin. Lundi, un comité social et économique extraordinaire est convoqué et les syndicats se disent déjà très réservés sur la suite.
Derrière cette grogne, il y a aussi une défiance plus large envers la gestion de CK Hutchison. Une représentante de l’UNSA dénonce des décisions jugées désastreuses, notamment sur la politique de prix ou la fin de l’offre de soins esthétiques qui fidélisait la clientèle. L’enseigne reste pourtant un acteur solide. Elle affiche en France un chiffre d’affaires d’environ 536 millions d’euros en 2024 et possède près de 700 points de vente en Europe. Elle emploie autour de 2 400 personnes dans l’Hexagone, dont 98 % de femmes dans les magasins.
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