Planète
Des dizaines de vautours fauves ont attaqué un veau au Pays basque et l’éleveuse demande des comptes
Une éleveuse du Pays basque raconte comment des vautours fauves ont dévoré un veau peu après sa naissance. Elle parle d’une attaque préméditée, l’Office…


Une éleveuse du Pays basque raconte comment des vautours fauves ont dévoré un veau peu après sa naissance. Elle parle d’une attaque préméditée, l’Office français de la biodiversité y voit tout autre chose.
Cela s’est passé en une poignée de minutes. Le 17 mai, dans une ferme du Pays basque, Annick Veschembes et son mari entendent une agitation inhabituelle côté pré. Un veau vient de naître, encore isolé de sa mère, et une nuée de vautours fauves s’est abattue sur lui. Les deux éleveurs attrapent des bâtons et courent. Trop tard. Quand ils arrivent, le nouveau-né a déjà perdu les yeux et porte un trou au flanc.
Pour Annick Veschembes, installée depuis six ans à Domezain, le choc ne date pas d’hier. En 2023, elle avait déjà vu ces rapaces se jucher sur une vache en train de mettre bas pendant que d’autres, au sol, séparaient le veau de sa mère. Une scène qu’elle garde en mémoire comme sordide. Depuis, elle rentre les animaux qui doivent mettre bas, un vrai changement dans sa pratique de l’élevage extensif en plein air. Elle surveille aussi le ciel, persuadée que le comportement des oiseaux a évolué.
Son récit heurte la version officielle. L’Office français de la biodiversité ne parle pas de prédation. Les vautours fauves sont nécrophages, ils se nourrissent quasi exclusivement de cadavres et peuvent s’en prendre à une bête en détresse ou moribonde, pas à un animal en bonne santé. Le problème, c’est que l’état initial de l’animal est impossible à vérifier après coup. « Pourquoi notre parole ne suffit pas ? » lance l’éleveuse, qui regrette qu’aucune image ne puisse témoigner de la scène.
Sur l’ensemble des Pyrénées, une soixantaine d’interactions négatives ont été recensées entre vautours et bétail. Moins d’une vingtaine concernent les Pyrénées-Atlantiques. Ces chiffres sont avancés par l’animateur du plan national d’actions consacré au vautour fauve et à l’élevage, un dispositif porté par l’Office français de la biodiversité, lancé en 2017 et qui doit bientôt s’achever.
Derrière les cas isolés, toute l’évolution des populations s’invite dans le débat. En 2024, les Pyrénées comptaient 1.557 couples reproducteurs de vautours fauves, soit la moitié des effectifs français. Leur implantation se concentre massivement dans les Pyrénées-Atlantiques avec 1.220 couples. À côté, l’Espagne en recense 300.000. Les oiseaux sont donc plus nombreux qu’il y a dix ans, même si leur progression ralentit. Résultat, ils prospectent plus loin et reviennent dans des plaines d’où ils avaient disparu.
C’est là que les éleveurs les découvrent. Pour beaucoup, ces rapaces ont faim. Une explication balayée par le technicien de l’OFB, qui assure que la nourriture disponible ne manque pas sur le territoire. En revanche, il reconnaît que le spectacle d’une curée peut impressionner. Une cinquantaine ou une centaine de vautours sur un même animal, cela fait beaucoup de bruit et beaucoup d’agitation.
De leur côté, les organisations agricoles montent au créneau. Le syndicat ELB, affilié à la Confédération paysanne, demande à la préfecture des Pyrénées-Atlantiques d’autoriser les tirs d’effarouchement. L’Aveyron l’a déjà fait, avec un arrêté préfectoral valable du 1er mars au 15 novembre de cette année et de l’année prochaine. ELB et la FDSEA réclament en plus une révision du statut de protection du vautour, jugé trop absolu au détriment du travail pastoral.
Pour Ludovic Lubet, qui suit le dossier à l’échelle nationale, une telle remise en cause serait dangereuse. Le vautour fauve affiche un succès reproducteur très faible, avec environ 0,5 jeune par couple. Sa population repose essentiellement sur des adultes et reste donc très fragile. Autrement dit, l’équilibre entre protection de l’espèce et protection des troupeaux est loin d’être réglé. Et Annick Veschembes compte bien continuer à le dire.
À lire aussi





ÉconomieEn Ligne 6 joursLe durian chasse le café des hauts plateaux vietnamiens



SportsEn Ligne 6 joursLe promu Troyes s’envole, Angers s’illumine, Auxerre s’enlise



PolitiqueEn Ligne 7 joursPhilippe et Hollande s’affrontent sur la fiscalité à huit mois de la présidentielle



PolitiqueEn Ligne 7 joursSégolène Royal défie les peurs et se lance dans la primaire socialiste



PolitiqueEn Ligne 5 joursJordan Bardella écarte la police du vêtement et promet un référendum sur l’islamisme



PolitiqueEn Ligne 7 joursLecornu écarte la présidentielle et sort un budget de transition pour 2027



SportsEn Ligne 6 joursBlandine L’Hirondel, reine de l’UTMB après une nuit de folie



SportsEn Ligne 5 joursDjibril Sidibé voit rouge 43 secondes après son entrée en jeu








