Politique
Le gouvernement lâche du lest sur la consigne des bouteilles en plastique
Sous la pression des élus locaux, l’exécutif renonce à imposer un dispositif obligatoire de consigne pour le recyclage des bouteilles. À la place, il…

Sous la pression des élus locaux, l’exécutif renonce à imposer un dispositif obligatoire de consigne pour le recyclage des bouteilles. À la place, il propose une formule volontaire, calquée sur les territoires, pour tenter d’apaiser la colère des collectivités.
Vendredi, le gouvernement a tranché. Aucune consigne obligatoire ne sera imposée aux collectivités pour recycler les bouteilles en plastique. La décision est un véritable revers pour l’exécutif, qui avait relancé ce projet au printemps. Emmanuel Macron en personne voyait dans ce système un moyen d’améliorer la collecte et le recyclage, avec des bacs installés dans les supermarchés et quelques centimes reversés aux consommateurs. Mais face à la levée de boucliers des maires et des présidents d’intercommunalités, le rapport de force a penché de leur côté.
Les élus, de tous bords politiques, ne décoléraient pas. Fin juin, ils avaient claqué la porte d’une réunion au ministère de la Transition écologique pour dénoncer une mesure jugée absurde et proche de l’écoblanchiment. Certains syndicats franciliens de gestion des déchets allaient même jusqu’à menacer de suspendre le paiement de la taxe générale sur les activités polluantes. Pour eux, cette consigne aurait retiré les déchets les plus valorisables de leurs centres de tri, pourtant récemment modernisés grâce à des investissements importants. Le risque, c’était aussi de faire grimper la taxe d’enlèvement des ordures ménagères pour les habitants. L’exemple allemand, souvent cité par les défenseurs de la consigne, ne les convainc pas. Ils soulignent que là-bas, ce système a accompagné une hausse de la production de plastique, sans régler le problème à la racine.
Le gouvernement a donc choisi la voie de la conciliation. Il parle désormais d’une « consigne volontaire et territorialisée » et assure vouloir continuer à travailler avec les territoires qui ont déjà de bons résultats. L’objectif de recyclage, lui, reste affiché comme une priorité. La France est très loin des exigences européennes et paie chaque année une lourde contribution au budget de l’Union européenne à cause de ses mauvaises performances. Du côté des collectivités, le soulagement est net. Le réseau Amorce, qui envisageait une manifestation mardi à Paris, a suspendu son projet. L’association des maires de France et d’autres structures parlent d’un renoncement à une « ineptie écologique et financière ». Les producteurs d’eaux minérales et de boissons sans alcool, eux, crient au recul incompréhensible, alors que l’éco-organisme Citeo s’inquiète d’un cahier des charges qui abandonnerait un levier majeur de soutien au recyclage. Les discussions doivent se poursuivre, avec une consultation du public ouverte jusqu’à la mi-septembre.
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